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Cure de démence

Il est quand même intéressant, sur le strict plan de l'anthropologie, de constater l'extraordinaire longévité de la classe politique locale. Nos aïeux commencent par voter pour un neuneu en tétine, tout juste tombé de l'arbre généalogique, et les enfants de nos petit-fils se retrouvent encore en train de l'applaudir alors qu'il a viré barbon édenté. C'est connu ! Plus le maître est vieux, plus le chien est fidèle. Tout se passe comme si ce joli monde s'était connu à la maternelle. Il est vrai que ça crée des liens ! On se console de penser qu'ils partageront un jour la même maison de retraite, iront ensemble au réfectoire... Un dentier pour tous !
Pourquoi ces vénérables débris vivent-ils si longtemps ? Banco ! Les chercheurs ont trouvé : c'est l'absence de soucis. Rien, nada, ballepeau, le vide intersidéral, le néant à l'état brut ! On a beau chercher dans les replis les plus improbables de leur cortex assoupi, hurler, branler dans le manche, couiner qu'il faut maintenant 76 générations de salaires pour éponger une dette de 50 milliards, rien n'y fait. Même pas l'écho de notre propre voix, tant est profond l'abîme mental du cheptel. Ohé, la République, y a quelqu'un ?
Zoom avant sur un univers de Brecht : un pouvoir, deux traîneaux. Celui des lécheurs, qui manient avec entrain la brosse à reluire sur le veston de Michel de Sleimanie ; et celui des empêcheurs de lécher en rond, qui passent avec fébrilité le plumeau sous la bedaine à Orangina. Le premier traîneau est occupé à savonner la planche au second, qui à son tour balance des peaux de banane pour faire patiner le premier. Funambule entre tous, Istiz Nabeuh alterne danse du ventre et beuglantes devant les micros pour garder sa rente viagère du Parlement.
Évidemment, le spectacle ne serait pas complet sans l'inénarrable Barbu en chef qui tient à glisser son neurone dans les travaux du TSL. Encore que Sherlock Holmes n'a que des allégations et de l'amalgame dans sa besace. Des suppositions suppositoires toutes orientées dans le même fion...
Finalement, la seule note de couleur dans ce tableau lamentable est la ligne bleue, où Italiens, Français, Espagnols, Fidjiens et Ghanéens tiennent un moignon de Sud. Quand on pense aux multiples troufions qui nous sont passés dessus au cours des 35 dernières années, on croit rêver : palestiniens, syriens, israéliens, soudanais, égyptiens, libyens, iraniens, américains...
Benetton version bidasse. Nous aurons léché toutes les bottes, tout en réussissant la gageure de rester pieds nus !

gabynasr@lorientlejour.com
Il est quand même intéressant, sur le strict plan de l'anthropologie, de constater l'extraordinaire longévité de la classe politique locale. Nos aïeux commencent par voter pour un neuneu en tétine, tout juste tombé de l'arbre généalogique, et les enfants de nos petit-fils se retrouvent encore en train de l'applaudir alors qu'il a viré barbon édenté. C'est connu ! Plus le maître est vieux, plus le chien est fidèle. Tout se passe comme si ce joli monde s'était connu à la maternelle. Il est vrai que ça crée des liens ! On se console de penser qu'ils partageront un jour la même maison de retraite, iront ensemble au réfectoire... Un dentier pour tous ! Pourquoi ces vénérables débris...
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