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Trique de flics

Le ministre de l'Intérieur a parfois l'humour involontaire... ou alors il se croit administrer un pays scandinave. Il vient en effet de gratifier les Libanais d'un nouveau plan de transport urbain destiné théoriquement à policer une structure routière de moins en moins urbaine. Mais, visiblement, l'homme qui parle à l'oreille de Michel de Sleimanie a dû confondre « policer » et « fliquer », puisque depuis quelques jours les pandores d'Achraf Rifi grenouillent dans tous les sens au point que la stratégie mise en place commence à tourner à la guignolade.
Là où les gens s'attendaient à une réorganisation minimum du trafic routier par la programmation raisonnée des chantiers de travaux, une meilleure coordination entre les ministères dans la réfection des routes, un marquage au sol régulier de l'asphalte pour habituer les automobilistes à rouler entre les lignes, l'attribution de couloirs obligatoires réservés aux poids lourds sur les routes internationales... Au lieu de tout cela, ils ont eu droit à la seule mesure dans laquelle les responsables sont passés maîtres : le sursaut d'autorité. Si bien que ce plan tellement ambitieux dont on nous a bourré le mou pendant des semaines ne repose plus que sur le port de la ceinture de sécurité, le bavardage au téléphone portable et le nouvel horaire fixé aux camions. Comme d'habitude, l'État caresse les flics dans le sens de la matraque et, pour le reste, il s'en lave les pieds. Circulez, y a rien à voir !
Aussi, depuis le début de la semaine, c'est Byzance chez les Forces de sécurité intérieure, tout à leur aise enfin de pouvoir exercer leur talent à autre chose qu'à jouer les plantons devant les bâtiments publics ou à servir de gardes-chiourmes aux vieux canassons de la politique.
Sus au minable ! Celui qui oserait un dérisoire dépassement de vitesse ou s'aviserait de donner un coup de klaxon de trop ! En revanche, pas touche au bidasse ou au garde du corps roulant en sens interdit et à tombeau ouvert à bord de son monstre 4x4 noir aux vitres opaques et orné d'un pare-buffle, fauchant tout ce qui fait obstacle à sa mission rapide ultrasecrète. La loi prescrit de garder le secret à l'égard des assassins de la route et d'informer les autorités publiques. Elle n'a pas prévu que ce puisse être souvent les mêmes.
Y a plus qu'à attendre quelques semaines pour voir les promesses rétrécir au lavage, et s'effilocher les rodomontades et autres coups de gueule épisodiques. Peut-être qu'un brin de modernisation du service de la circulation routière permettrait-il à l'informatique de remplacer la trique. Et à l'intelligence artificielle de prendre le pas sur la bêtise naturelle ■

gabynasr@lorientlejour.com
Le ministre de l'Intérieur a parfois l'humour involontaire... ou alors il se croit administrer un pays scandinave. Il vient en effet de gratifier les Libanais d'un nouveau plan de transport urbain destiné théoriquement à policer une structure routière de moins en moins urbaine. Mais, visiblement, l'homme qui parle à l'oreille de Michel de Sleimanie a dû confondre « policer » et « fliquer », puisque depuis quelques jours les pandores d'Achraf Rifi grenouillent dans tous les sens au point que la stratégie mise en place commence à tourner à la guignolade.Là où les gens s'attendaient à une réorganisation minimum du trafic routier par la programmation raisonnée des chantiers de travaux, une...
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