Après Istiz Nabeuh, devenu expert pompiste de pétrole virtuel, ainsi en est-il du Sayyed Barbu, qui nous sert du juif et de l'amerloque à toutes les sauces. Depuis le temps qu'il est tapi sous terre, assis sur une quincaillerie militaire qui vaut son pesant de caviar iranien, on a tous fini par bien l'apprendre sa leçon : un, Israël et les États-Unis c'est caca ; deux, l'Occident décadent est une fange d'espions et de comploteurs. Seule Radio Téhéran, la station des bonnes nouvelles gazouillées à Mahmoud Ahmadinejad, permet à ce patron spécialiste de l'animation fulminante d'émerger de son sommeil tourmenté.
Son pendentif et alibi chrétien Orangina, lui, n'a ni quincaillerie armée et encore moins du caviar. Alors le patron de Rabieh se rabat sur la monomanie du solitaire aigri : la lutte contre la corruption. « Tous pourris sauf moi. » Une formule toute simple, inventée au début du siècle dernier par le général Boulanger en France et qui continue de faire ses preuves chez nous auprès des métayers de Batroun, du Kesrouan et de Jezzine. L'espoir fait vivre...
Autre idée fixe commune à tous les patrons : l'implantation des Palestiniens. Un gag digne du comique de répétition, destiné à faire croire aux niaiseux que ces derniers vont retourner chez eux demain à l'aube. Que le premier qui les voit rentrant en Palestine lève le doigt ! Et d'ailleurs, le vieux Mahmoud Abbas en voudrait-il, du fond de sa voie de garage ? Ce qui n'empêche pas Barbichu et tante Bahia de faire le grand écart en tentant à la fois de câliner ce vivier communautaire et de jurer la main sur le portefeuille qu'ils ne feront rien pour le laisser prendre durablement racine.
Bref, à chaque patron sa marotte et les Suisses d'Orient seront bien parqués. Comme disait quelqu'un d'autre et à propos d'autre chose, il n'y a que dans le vocabulaire des couturiers que patron est synonyme de modèle ■
gabynasr@lorientlejour.com


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