Passe encore l'absence totale d'éducation démocratique et de culture de l'alternance, cette recherche niaise du consensus à tout prix pour ne pas avoir à livrer franchement bataille, ne poser sa candidature que si l'on est sûr de triompher, considérer l'échec comme une atteinte intolérable à l'amour-propre, jusqu'à parfois saborder son propre camp ou même rejeter les résultats du scrutin et s'en aller bêler devant les instances judiciaires. Tout ça, on connaît. Le voisinage arabe en regorge et dégorge.
Mais monter des listes électorales sur la seule base de l'affiliation au fan-club de l'un ou l'autre des ahuris du landernau politique, se mêler de savoir si le résultat de la consultation colle à la stratégie débile mitonnée par le barbu, le barbichu ou l'imberbe du cru, entortiller un corps professionnel tout entier dans une rhétorique absconse d'où sont allègrement zappés les problèmes de la corporation, tout cela confine parfois au délire...
Qu'importe pour un malade en phase terminale de savoir si le toubib qui le soigne se consume d'amour pour Istiz Nabeuh, s'il a hésité à faire l'acquisition des œuvres de Montherlant ou de l'intégrale des SMS de Michel Aoun ! Celui qui se fait bâtir une maison irait-il vérifier si la solidité des fondations est conforme au tapis de prière de l'architecte ? Et celui qui comparaît devant un tribunal pour une affaire cruciale, qu'est-ce que ça peut lui fiche que son avocat soit larbin à Meerab ou récure les bidets du Grand Sérail ?
À ce train, qu'elles soient législatives, municipales ou professionnelles, des élections tordues finissent toujours par accoucher de personnages entortillés et pontifiants, qui se croient obligés de nous expliquer ce qui arrivera si des choses qui n'ont aucune chance d'arriver arrivaient un jour.
Si seulement James Cameron pouvait les embaucher dans un film en 3D. Ce serait certainement la seule façon de leur donner du relief ■
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