Comme il se doit, le débat a inspiré quelques puissants commentaires du genre « faut augmenter les recettes et diminuer les dépenses », ce qui ne mange pas de pain arabe, ou encore le très original « État de droit et des institutions ». Barbichu et sa ministre du Pognon ont beau vouloir manier le clystère avec doigté, si l'on peut dire, il se trouve toujours des bêcheurs pour leur merdoyer le chaudron.
Un peu comme ce pauvre Fady Abboud, pendentif d'Orangina au sein du gouvernement, qui a expliqué en se retenant de pouffer que la corruption est un fléau, avant d'admettre « qu'il est pratiquement impossible, au Liban, d'importer ou d'exporter quelque chose, sans graisser la patte à quelqu'un ». Chapeau l'artiste ! Quelques mois à peine sur son strapontin ministériel, et il a découvert ça tout seul...
Sans compter la pelletée des autres ministres, dont on ne se souvient même plus du nom, au demeurant imprononçable et sans aucun intérêt. On remarquera que ce sont les mêmes qui demandent à l'État de tailler dans ses dépenses, et qui ensuite glapissent d'effroi dès qu'il s'agit de vider l'un de leurs protégés feignasses planqués dans l'administration.
Bref, des heures de pur verbiage pour parler du budget. Et quel budget ! 50 % pour payer des dettes qui s'entassent comme des paquets de linge sale, 40 % pour s'acquitter des salaires de rond-de-cuir, pour la plupart ignares et corrompus, les 10 % restants allant en frais de bahuts blindés et gardes du corps aboyeurs. Quant aux projets de développement, on pourra toujours aller braire ailleurs.
Résultat : le Libanais paye des impôts pour rétribuer des fonctionnaires chargés de veiller à ce qu'il paye bien ses impôts, afin de rétribuer d'autres fonctionnaires. Des milliards d'impôts... Ce n'est plus un budget, c'est une attaque à main armée !
Si au moins ça servait à quelque chose. Mais tiens, fume ! Va falloir encore libérer le caillou de Chebaa, récupérer la Palestine et Jérusalem, compter sur Ali Chami pour calmer les Hébreux... Tout ça, pendant que les Syriens pantouflent face au Golan.
« On ne peut pas être et avoir été. » Mais si ! On peut avoir été un dindon de la farce et l'être toujours ■
gabynasr@lorientlejour.com


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef