Archétype du député grognon et ronchon, Hassan Fadlallah a ainsi très peu digéré l'élection de Rima Fakih. Ce porte-flingue parlementaire du Hezbollah s'est cru obligé d'y aller de son couplet sceptique sur la « valeur humaine de la femme », telle qu'elle est perçue en Occident, réclamant un « débat sur le bien-fondé des critères » à son sujet. Proféré par un parangon de la modernité, ce jugement a la force de l'irréfutable. Y a pas à dire : la beauté est un concept qui, chez lui, met du temps à rentrer.
Forcément, puisqu'en s'en tenant au verbiage islamiste mouliné depuis les années 80 et usé depuis jusqu'à la corde, la liste des péchés féminins est longue comme un jour sans pain. La beauté ? Interdit ! Le maillot deux-pièces ? Interdit ! La danse ? Interdit ! Seule la Kalachnikov, c'est bien, mais entre deux prières. Et le couronnement de Rima Fakih alors ? Dans l'univers à une dimension de Hassan Fadlallah, c'est un délit : oser être belle sans le parti, c'est impardonnable ! Notre ami devrait un jour déposer un projet de loi interdisant la femme tout court...
En attendant, dans sa grande mansuétude, le député propose un débat. Pourquoi pas ? On a déjà monté une pantalonnade sur table autour de la stratégie de défense, une panade sur chiffres autour du budget, une mascarade sur peau de banane autour des privatisations, ne manque plus que la guignolade sur roue autour des canons de beauté de la femme. Ça nous changera un peu des canons fumants du parti de Dieu.
Mais faut comprendre les bigots. Les photos de la belle Rima en maillot ou en short leur ont affolé la libido. À moins qu'ils n'aient trouvé la jeune fille pas assez barbue.
On recommande à Hassan Fadlallah d'aller voir dans les maternités : paraît qu'on y voit des bébés tout nus !


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