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Apocalypse no

Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en le disant : la mode est désormais au catastrophisme. La survenue des catas naturelles, pensait-on, allait éclipser quelque peu les âneries proférées sur la scène politique. Loupé ! D'autres âneries sont aussitôt débitées sous couvert d'expertise scientifique. Chassez le naturel libanais, il revient par la fenêtre...
On avait à peine oublié les petites tremblettes du Liban-Sud - qui avaient suscité il y a deux ans une brouettée de jus de crâne bidons nous promettant des secousses terrestres parkinsoniennes comme à Kobe, au Japon en 1995, voire San Francisco en 1906 - qu'on avait aussitôt enchaîné avec le trou de la couche d'ozone... juste au-dessus du Liban. Puis il y a eu la tempête et la pluie. Là aussi, à peine a-t-on eu l'occasion de prendre le temps comme il venait, qu'on recommençait à nous réchauffer la planète dans les médias. Une vieille manie apocalyptique, qui pour l'instant ne réussit qu'à nous échauffer les oreilles. Avec toutefois cette variation épatante : s'il pleut, c'est parce que la terre a très chaud. Donc, quand viendra l'été, faudra sans doute bien se couvrir pour bronzer au soleil et brouter à l'avance les salades OGM du printemps d'après...
Aujourd'hui, on nous bassine avec le nuage islandais. Le volcan, dit-on, va rapidement réveiller ses confrères qui vont y aller à leur tour de leur bave de lave sur fond de ciel gris. Les avions, tous les avions, seront à nouveau cloués au sol. Ce qui pousserait sans doute Oussama Ben Laden à déposer un plan de restructuration. Le milliardaire barbu envisagerait même de licencier des centaines de pilotes-kamikazes.
Pire encore, racontent les experts en bobards, le nuage de cendre quittera l'Europe et se dirigera vers nous dans quelques jours... et des poussières. L'AIB sera forcé de fermer, sinon gare aux chutes de Boeing et d'Airbus sur la côte, en montagne et dans la vallée de la Békaa ! Évidemment, dans tout ce fatras neurasthénique, personne n'a pensé à voir le bon côté des choses : aucun Tupolev russe ou polonais ne pourra plus décoller.
Puis quand le nuage partira, il nous restera encore heureusement en réserve quelques calamités pires que le volcan islandais : les bravades israéliennes, les fanfaronnades de Naïm Kassem et les espérances d'un Liban-Sud pacifié... bientôt réduites en cendres.
Des Scud barbus sous le soleil, des bombes éclairantes au-dessus du sable, une ligne bleue, voilà de vraies vacances pour un gouvernement vacant ■

gabynasr@lorientlejour.com
Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en le disant : la mode est désormais au catastrophisme. La survenue des catas naturelles, pensait-on, allait éclipser quelque peu les âneries proférées sur la scène politique. Loupé ! D'autres âneries sont aussitôt débitées sous couvert d'expertise scientifique. Chassez le naturel libanais, il revient par la fenêtre...On avait à peine oublié les petites tremblettes du Liban-Sud - qui avaient suscité il y a deux ans une brouettée de jus de crâne bidons nous promettant des secousses terrestres parkinsoniennes comme à Kobe, au Japon en 1995, voire San Francisco en 1906 - qu'on avait aussitôt enchaîné avec le trou de la couche d'ozone... juste...
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