Ce qu'il y a de sympa chez les sous-développés, c'est leur acharnement créatif à surdévelopper leur sous-développement. Un peu comme dans le jeu des chaises musicales où il y a plus de paires de fesses que de chaises, mais où la ritournelle reste toujours la même. Ainsi, en gros, il existe trois ou quatre dossiers sur lesquels la classe politique se fracasse le dentier. Alors, invariablement, au gré des humeurs, on en choisit un, on s'engueule dessus un bon coup, les caméras et les micros étincellent, le populo s'excite, la production économique s'arrête, le pays se fige au bord de la guerre civile... et puis zut ! Il y a toujours un emmerdeur qui appelle au calme, distille des niaiseries, puis l'on slalome jusqu'au dossier suivant. Et rebelote, pour un nouveau tour de piste ! Premier hochet : les cagoinces électorales des municipales. Une date a certes été fixée, mais qu'est-ce qu'on se marre face à ces palabres interminables qui sont partis en quenouilles et ont transformé la réforme en déforme : un ministre du Dedans fétiche au milieu de parlementaires potiches. Attention, potiches mais pas cruches, puisque de tout le texte laborieusement pondu, les neuneus de la commission des Lois n'ont retenu que les bulletins de vote préalablement imprimés. Courage, encore quelques mois et ils opteront pour des boîtes avec une fente au milieu, appelées urnes. Et tant qu'on y est, pourquoi pas l'aventure : un rideau noir pour voter à l'abri des regards indiscrets ! Comme quoi, un problème a toujours une solution : la solution est de trouver le problème ; pour les miracles, prévoir un délai... Puis hop, changement de sujet avec atterrissage en douceur sous les lambris kitch du tribunal international. Aujourd'hui, il est de bon ton de dire que si le TSL incrimine ne serait-ce qu'un poil frisotté d'un sous-fifre du Hezbollah, la patate chaude s'abattra sur chaque rue, ruelle ou venelle du pays Koullouna, jusqu'au caillou le plus reculé. Dommage que ce potin croustillant n'ait pas été confirmé par Sayyed Barbu, porte-parole de Dieu et en connexion wi-fi permanente avec l'au-delà. Enfin, re-hop et zapping printanier sur les poubelles, puisqu'il ne restait plus que les déchets solides pour mettre d'accord des ministres liquéfiés. Une idée aussi lumineuse qu'originale a surgi des limbes de leurs neurones assoupis : refiler le tas d'ordures fumantes à une commission fumeuse où les querelles de clochers et de minarets pourront exulter au milieu des remugles et des miasmes parfumés. Éternel combat de coqs dans le fumier, sur fond de pays raté ■
Ce qu'il y a de sympa chez les sous-développés, c'est leur acharnement créatif à surdévelopper leur sous-développement. Un peu comme dans le jeu des chaises musicales où il y a plus de paires de fesses que de chaises, mais où la ritournelle reste toujours la même. Ainsi, en gros, il existe trois ou quatre dossiers sur lesquels la classe politique se fracasse le dentier. Alors, invariablement, au gré des humeurs, on en choisit un, on s'engueule dessus un bon coup, les caméras et les micros étincellent, le populo s'excite, la production économique s'arrête, le pays se fige au bord de la guerre civile... et puis zut ! Il y a toujours un emmerdeur qui appelle au calme, distille des niaiseries, puis l'on slalome jusqu'au dossier suivant. Et...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.
Chers lecteurs, afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération.