Vive le progrès ! Aujourd'hui notre bonheur est tributaire des réunions du Conseil des ministres, chapeautées par deux personnages qui naviguent à la godille. Le pays s'ennuie et la galère déborde de petits riens, avec au programme : une flopée de projets de réforme qui ne verront le jour que dans beaucoup plus loin de très longtemps, et les conséquences dramatiques d'un crash aérien gérées par des sous-fifres empotés, incapables de donner aux médias des explications cohérentes. C'est dur de communiquer avec des communicants quand on a pour métier de communiquer. Un pays entier est là, béat et godiche, haletant de savoir à quelle sauce il sera mangé dans le prochain budget, si la TVA jouera à la bête qui monte, ou encore si les mamours interpoliticiens resteront de saison. Pour ce qui est des réformes, c'est comme toujours, nenni et peau de balle. Ce doit d'ailleurs être atavique : impossible au moindre ministrillon de prendre un décret ou une circulaire sur l'étiquetage des haricots verts ou le marquage des sentiers de grande randonnée sans en appeler à la pensée profonde de son chef de clan ou de son gourou communautaire. Donc, a fortiori, la future loi sur les municipales, ce sera tintin, macache et saint-glinglin. Pareil pour le crash du Boeing éthiopien : manœuvres gesticulatoires affairées, fuites d'infos en jets prostatiques, contradictoires, lâchés à la presse, sucreries techniques jetées en pâture aux niaiseux qui y croient encore... Mais qu'importe, la parano ambiante agite la classe politique, excite le vulgaire et améliore son ordinaire. Résultat du shopping : une bousculade embrouillée pour gérer le drame effroyable et des ministres qui plastronnent au milieu des dizaines de familles endeuillées. Quant à la transparence de l'enquête, ce sera comme d'habitude : opaque... ou à la Trinité. Ce qui nous ramène pour la énième fois à la réflexion de Richelieu sur les hommes politiques : il leur faut cinq ans pour apprendre à parler, cinq ans pour apprendre à écrire - ce qui chez nous en élimine déjà pas mal - et cinq ans pour apprendre à se taire ■
Vive le progrès ! Aujourd'hui notre bonheur est tributaire des réunions du Conseil des ministres, chapeautées par deux personnages qui naviguent à la godille. Le pays s'ennuie et la galère déborde de petits riens, avec au programme : une flopée de projets de réforme qui ne verront le jour que dans beaucoup plus loin de très longtemps, et les conséquences dramatiques d'un crash aérien gérées par des sous-fifres empotés, incapables de donner aux médias des explications cohérentes. C'est dur de communiquer avec des communicants quand on a pour métier de communiquer.Un pays entier est là, béat et godiche, haletant de savoir à quelle sauce il sera mangé dans le prochain budget, si la TVA...
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