Un Conseil des ministres qui zappe allègrement les sujets qui fâchent, l'homme-caoutchouc de Moukhtara qui va à Canossa en faisant la tournée des vieux canassons, Istiz Nabeuh qui manie à merveille le comique de répétition en repassant son plat faisandé de la déconfessionnalisation... Résultat : une vacuité glutineuse se dégage du cirque politique et donne des idées créatives à quelques patibulaires soucieux d'arrondir leur fin de mois. L'animation était cette fois dans la rue. Truffe au vent, adossés à une banlieue sud où caquètent et cliquètent toutes sortes d'officines de bas étage, les néo-gueux s'en sont allés renifler le bourgeois du côté des beaux quartiers. Faut bien chauffer la marmite en ces temps de crise. Et tant pis pour les jeunots qu'on a kidnappés, cuisinés et menacés de vendre en pièces détachées, forçant les parents effarés à cracher au bassinet. Une façon bien de chez nous de réparer l'ascenseur social en panne... Que le forfait ait eu lieu à un lancer de caillou d'une caserne n'étonne plus que les niaiseux. Forcément, puisque entre la truellée d'hommes politiques dont les troufions ont la charge de garder le corps précieux et les bâtiments publics au bas desquels ils font les plantons, il ne reste plus grand monde dans ces forteresses dérisoires. Ziyad Baroud, le très peu baroudeur ministre de l'Intérieur, a certes appelé à mobiliser la flicaille, mais il se retrouve à porter un bien lourd chapeau. Les rares fois où il leur arrivait d'intervenir sur les terres guillerettes des barbus, les poulets se sont fait tirer dessus. Difficile d'enquêter dans un tel climat de tendresse. Dire qu'on nous bassine les tympans avec la détermination de l'État à combattre le grand terrorisme, quand il est infoutu de neutraliser la petite terreur domestique ! Pour ensuite crâner en dégainant l'orgueil national quand les Américains exigent de nous peloter dans leurs aéroports... Encore un effort, et ce sera le toucher rectal à l'accueil en attendant l'arrivée des scanners pour les colonoscopies ■
Un Conseil des ministres qui zappe allègrement les sujets qui fâchent, l'homme-caoutchouc de Moukhtara qui va à Canossa en faisant la tournée des vieux canassons, Istiz Nabeuh qui manie à merveille le comique de répétition en repassant son plat faisandé de la déconfessionnalisation... Résultat : une vacuité glutineuse se dégage du cirque politique et donne des idées créatives à quelques patibulaires soucieux d'arrondir leur fin de mois. L'animation était cette fois dans la rue.Truffe au vent, adossés à une banlieue sud où caquètent et cliquètent toutes sortes d'officines de bas étage, les néo-gueux s'en sont allés renifler le bourgeois du côté des beaux...
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