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Parfums d’Assadie

Il y a quelque chose de pathétique dans cette cataracte de réactions ayant suivi le pince-fesse Saado-Bacharien à Damas, devenu brusquement l'alpha et l'oméga du cirque politique libanais. Pas un lavedu de la ménagerie locale qui n'ait cru bon de nous livrer ses états d'âme sur les bienfaits du pèlerinage du Premier Barbichu en Assadie. Après les stars du premier rang, on a eu droit à la tripotée des porte-serviettes palpitant d'émotion, seconds couteaux sans manche et dépourvus de lame, venus déposer leur analyse laborieuse aux pieds des micros et caméras. À ce rythme-là, les chauffeurs vont bientôt pondre des communiqués et les gardes du corps donner des conférences de presse.
Rapidement, les flagorneurs se sont divisés en deux camps : les passeurs de plumeau à l'adresse du gérant du Sérail, et les manieurs de brosse à reluire sur le veston du timonier syrien. Pendant ce temps, les deux vedettes de circonstance n'ont pas arrêté de balader des journalistes, qui leur servaient de faire-valoir dans leurs numéros de représentation. Elles ne les menaient pas en bateau mais en troupeau ! Toujours aussi serviables, y en a même qui léchaient la main qui leur donnait de l'avoine. Faut dire que, par tradition, certaine presse locale est toujours bon public avec les monarques. Elle copine, puis opine... C'est ce qu'on appelle le journalisme de cour, plutôt que le journalisme tout court.
Et puis, il y a aussi les donneurs de leçon, façon Omar le Tripolichinelle, dont tout le monde a oublié qu'il fut notre Premier ministre, ou encore Nawwaf Moussawi, le député du Hezbollah, qui tire plus vite que l'ombre de son maître. Si le premier s'est contenté de bénir le pelotage hariro-baassiste, le second s'est lancé dans un salmigondis tarabiscoté duquel il ressort qu'il faut profiter de l'expérience syrienne en matière d'armement et de défense. Sacré Nawwaf, faut pouvoir le dire sans éclater de rire, surtout quand on sait que le dernier coup de feu sur le Golan a été tiré en octobre 1973, l'année où lui-même entrait en puberté.
En chômage technique au Liban-Sud depuis l'été 2006, les barbus se sont entre-temps quelque peu assagis pendant que leur patron sirote toujours son thé sous terre. Encore heureux que ce ne soit pas entre un bœuf et un âne au fond d'une grotte. Pour Noël, ça aurait fait jaser ■

gabynasr@lorientlejour.com
Il y a quelque chose de pathétique dans cette cataracte de réactions ayant suivi le pince-fesse Saado-Bacharien à Damas, devenu brusquement l'alpha et l'oméga du cirque politique libanais. Pas un lavedu de la ménagerie locale qui n'ait cru bon de nous livrer ses états d'âme sur les bienfaits du pèlerinage du Premier Barbichu en Assadie. Après les stars du premier rang, on a eu droit à la tripotée des porte-serviettes palpitant d'émotion, seconds couteaux sans manche et dépourvus de lame, venus déposer leur analyse laborieuse aux pieds des micros et caméras. À ce rythme-là, les chauffeurs vont bientôt pondre des communiqués et les gardes du corps donner des conférences de presse.Rapidement, les...
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