Comme il fallait s'y attendre, Michel de Sleimanie est rentré de Washington la besace à moitié pleine... ou à moitié vide, selon qu'on opte pour l'une ou l'autre version de la langue de bois débitée pour la couverture de l'événement. Certes, Barack Obama n'est pas George W. Bush, son discours est plus enrobé, mais au final il aura servi la même patate chaude à son visiteur : ras-les-claouis des barbus et de leur quincaillerie militaire ! Argument aussitôt zappé par le Commandeur du Château, obligé d'adopter un discours hezbo-compatible sur le hasard et la nécessité de la Résistance. Car c'est bien connu, les Libanais ploient sous les affres de la crise, de la cherté et du chômage, mais il leur tarde follement de libérer les fermes de Chebaa et le caillou de Ghajar. Résultat : le parti des mille et une barbes continuera à se gaver de missiles persans et l'armée à empiler les bottes et les caleçons bariolés made in USA.
Le deuxième président n'est pas mieux loti. Obligé de manger son chapeau après avoir tenté une diversion usée jusqu'à la corde sur l'abolition du confessionnalisme politique, Istiz Nabeuh en est réduit à gesticuler devant les partisans de son rival chiite, espérant sans doute redonner un peu de consistance à son fan club devenu moins que riquiqui. « Gare à la normalisation avec Israël », fanfaronnait-il l'autre jour, donnant à croire que le mouvement Amal a toujours été aux avant-postes du combat contre l'État hébreu. Netanyahu en tremble encore... Comment dit-on fayot en arabe ?
On en arrive au troisième cotillon de la guirlande. Alors lui, il est tout content d'avoir ramassé 122 bibelots des 128 qui pantouflent au Parlement. Un score à la syrienne de 99,99 % pour son gouvernement multipanaché, mais sans panache. Ce qui a permis au Barbichu d'aller parader à Copenhague, promettant un effort du Liban sur les énergies renouvelables. Il faut une bonne dose d'humour pour dégainer pareil serment, quand on sait que chez nous la facture pétrolière de l'EDL engloutit la moitié de la dette et que la pollution en est encore au stade de l'hygiène publique. Il reste que son intervention a provoqué le seul moment d'hilarité du sommet.
Vivement Damas après cette poilade danoise ! De deux choses l'une : ou bien la rencontre échoue et Bachar el-Assad reste l'homme le plus détesté du Liban, ou elle réussit au-delà de toute espérance et Bachar el-Assad reste le plus détesté du Liban... mais on est tous obligés de fermer nos gueules ■
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L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef