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Soupe de labo

Et une nouvelle expérience encore, une !
Cette fois, le laborantin de service est Istiz Nabeuh himself. Ce qu'il y a d'admirable chez cet homme, qu'on retrouve d'ailleurs chez tous les dirigeants arabes, c'est bien cette constante culturelle quasi génétique : plutôt crever que de partir ! Et le premier qui lui parlera un jour de mandat limité aura une mandale illimitée. Force donc est de continuer à déguster ses fulgurances jusqu'au lâcher final de dentier.
À peine terminée la casuistique littéraire autour du parti des mille et une barbes et de sa résistance irrésistible, voilà que le tenancier imberbe du Parlement vient nous servir une vieille soupe réchauffée en guise d'amuse-papilles pour les jours et les mois à venir.
Pendant que les budgets des ménages sont coupés à la hache, que les ministères sont mis à la diète et que le pays vagit sous le poids de la crise, Istiz Nabeuh n'a rien trouvé de mieux pour distraire la piétaille décavée que de sortir de sa manche un projet de salivation en groupe sur la suppression du confessionnalisme politique. Une idée d'automne jadis mise en musique par ses copains syriens au temps de la tutelle et qu'il a ressortie des recoins les plus reculés de ses neurones assoupis. À l'heure où la planète entière s'apprête à discuter du réchauffement climatique, le baron du Berry en est encore aux querelles de religions. Y a pas à dire, au Liban on n'arrête pas le progrès. Il s'arrête tout seul...
Pourtant, faut le comprendre, le Haut-Perché : dès lors que, dans son clan, le Hezbollah s'occupe de l'essentiel, tout le reste dégage en lui un tel ennui qu'il a fini par se rabattre sur le succédané subsidiaire de l'accessoire secondaire. À savoir, décommunautariser politiquement les Libanais. C'est ce qui s'appelle vendre du rêve au paradis du cauchemar.
Une ficelle grosse comme un câble transatlantique, quand on sait que, depuis qu'il a viré gestionnaire de patrimoine chiite, ce déshérité antédiluvien n'est rien moins qu'un agent communautaire pour l'emploi. Depuis 20 ans, rien n'échappe à son scanner dans la Fonction publique où il case à tout va les copains et les coquins. Un cirque bien rigolo, quand on sait aussi que son rival barbu, autoproclamé porte-parole de Dieu, entretient une belle quincaillerie militaire, tout aussi communautaire, qu'il n'est pas près d'en faire cadeau à l'État pour Noël.
Car il est là, et bien là, le divin guerrier. Sonnez missiles, résonnez roquettes ! 

 

gabynasr@lorientlejour.com

Et une nouvelle expérience encore, une !Cette fois, le laborantin de service est Istiz Nabeuh himself. Ce qu'il y a d'admirable chez cet homme, qu'on retrouve d'ailleurs chez tous les dirigeants arabes, c'est bien cette constante culturelle quasi génétique : plutôt crever que de partir ! Et le premier qui lui parlera un jour de mandat limité aura une mandale illimitée. Force donc est de continuer à déguster ses fulgurances jusqu'au lâcher final de dentier. À peine terminée la casuistique littéraire autour du parti des mille et une barbes et de sa résistance irrésistible, voilà que le tenancier imberbe du Parlement vient nous servir une vieille soupe réchauffée en guise d'amuse-papilles pour les jours et...
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