Pour bien frimer en société, il est aujourd'hui de bon ton de dire que la crise ministérielle n'est que l'appendice dérisoire d'un conflit régional plus profond. Le tout ânonné en branlant lentement du chef et en arborant la mine compassée de celui qui détient une info béton ne souffrant aucune discussion. Le coup fait mouche à chaque fois, et l'on raconte même que dans certains salons huppés, le succès s'accompagne en prime d'une drague à la clé. Normal, plus il y a d'abrutis, moins il y a de gens pour s'en apercevoir... À partir de là, il convient de bien embrouiller la théorie pour lui donner un max de crédibilité. En effet, les simplets locaux sont toujours très impressionnés par les mouvements compliqués de pions sur les échiquiers et les conspirations de chancelleries. Il ne viendrait à personne, par exemple, l'idée toute bête que le Barbichu de Koraytem serait un ramolli du bulbe. Qu'il s'est fait jusque-là trimbaler de long en large et de travers par un mollah barbu assis en tailleur sur ses missiles, et un général fanfaron adossé sur les missiles du premier. Trop simple ! En fait, il faut dire : « L'axe syro-iranien veut faire la peau au cartel américano-sioniste représenté par le binôme égypto-saoudien, qui à son tour rentabilise ses rapports avec l'Union européenne pour infiltrer le Liban et torpiller par la même occasion les bons offices du Qatar, piloté en coulisses par la Russie, elle-même soucieuse de s'offrir un accès vers les mers chaudes. » Ouf ! L'analyse est musclée, le raisonnement imparable. On pourrait tout aussi bien ajouter du pili-pili à la sauce en évoquant Istiz Nabeuh et le Derviche tourneur de Moukhtara, agents doubles à la solde du Japon et de la principauté de Monaco, dont le rôle louche servirait à masquer un complot germano-brésilien destiné à saboter la cuisine du fiston béat Hariri. CQFD, la boucle est bouclée. Applaudissements nourris des Libanais bas du plafond, confortés dans leur narcissisme et persuadés que la planète entière tourne autour de leur nombril. Vivement la pandémie de grippe A pour qu'on leur colle un masque à la figure ! ■
Pour bien frimer en société, il est aujourd'hui de bon ton de dire que la crise ministérielle n'est que l'appendice dérisoire d'un conflit régional plus profond. Le tout ânonné en branlant lentement du chef et en arborant la mine compassée de celui qui détient une info béton ne souffrant aucune discussion. Le coup fait mouche à chaque fois, et l'on raconte même que dans certains salons huppés, le succès s'accompagne en prime d'une drague à la clé. Normal, plus il y a d'abrutis, moins il y a de gens pour s'en apercevoir...À partir de là, il convient de bien embrouiller la théorie pour lui donner un max de crédibilité. En effet, les simplets locaux sont toujours très impressionnés...
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