Même pas fichus de pondre dans un délai raisonnable un gouvernement au-dessus du niveau de la mer, nos margoulins maison sont devenus les champions de l'expédition des affaires courantes. Y aurait-il un jour quelqu'un pour courir les expédier ailleurs toutes affaires cessantes ?
D'ailleurs, pour ce qui est des affaires courantes, les Libanais peuvent toujours courir, ne serait-ce que pour compenser les électrons de l'EDL, rangés depuis belle lurette dans le grenier des affaires stagnantes. Ce n'est pas faute pourtant, pour les ministres qui se sont succédé à la tête de ce chauffe-bain, d'avoir fait des étincelles. Le dernier en date - heureusement sur le départ pour cause de renouvellement du cheptel gouvernemental - voulait même nous shooter au gaz à coups de superturbines qui viendraient cracher leurs volutes parfumées au-dessus des villes et villages. Garçon ! Une ligne de soufre au monoxyde de carbone et une paille pour les narines ! C'est Tabourian qui régale...
Sacré Alain ! On pensait qu'il allait au moins privatiser la gestion de sa poubelle, question de nous débarrasser des copains et des coquins, qui depuis la fin de la guerre nous pompent l'air et le Trésor public. Rien, nada, ballepeau ! Agrippé à son canard boiteux aux normes de sécurité aussi fiables que celles de Tchernobyl, il a continué à pinailler sur les plans de ses prédécesseurs pour faire avancer son propre projet de multipots d'échappement. Hélas, le texte n'était pas dans les câbles et le gouvernement n'a pas relevé le disjoncteur. Dommage pour Tabourian, tant mieux pour nos poumons.
Il faut dire que l'état des lieux de l'EDL n'est pas dépourvu d'un charme exotique plutôt truculent : transformateurs qui pètent à cause de la surcharge en été, turbines qui se bouchent par les sacs-poubelle en hiver, isolants qui se ratatinent à cause de l'humidité en automne et au printemps, sans oublier la truellée d'abonnés qui ne paient pas leurs factures et préfèrent s'électrocuter gratis en toute saison. Ouf !
Le ministre qui se prenait pour une lumière aux portes de l'angoisse n'est plus qu'un fusible qui porte la poisse. Celui qui lui succédera aura un énorme défi à relever : rendre l'électricité tellement bon marché, que seuls les riches auront les moyens de s'éclairer à la bougie ■
gabynasr@lorientlejour.com
Gaby Nasr interrompt sa rubrique durant le mois d’août.
Il reprendra ses billets à partir de septembre


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