Istiz Nabeuh est donc un homme heureux. Depuis le temps qu'il le pratique, son trône haut perché est quasiment devenu partie intégrante de son hémisphère sud. Il aura suffi que pépé Abdellatif s'y installe quelques minutes pour que le Duc de Berry soit assailli de démangeaisons insoutenables. Aussi, à peine réélu, ne voilà-t-il pas qu'il court, vole, dégage sans ménagement l'ancêtre usurpateur et reprend possession de son viager.
Le reste n'était plus que pure formalité : un discours babillard, véritable pot-pourri de lieux communs brassant des niaiseries sucrées du genre aimons-nous en se pelotant les uns les autres, avec au passage l'indispensable couche de pommade à l'adresse de Michel du Château, le tout assaisonné d'un mélange imbuvable d'armement sacré et de résistance à barbe. Vaste programme, pour lequel il avait jadis carrément fait du trampoline sur le fauteuil de Marcel Ghanem à la télé.
Dans l'exercice de son mandat, Magic Nabih fera encore pire : lui, faut pas lui demander si dans tel ou tel dossier, l'impact de ceci ou de cela sur le PIB est inversement proportionnel à la racine carrée du taux de croissance. Ce n'est pas son genre de beauté. Notre ami ne s'intéresse qu'à deux grands sujets : Israël et le Conseil du Sud. L'agressivité du premier justifiant la mangeoire du second, laquelle a fait depuis 1992 le bonheur de cet homme de tous les râteliers.
Il ne faut pas oublier enfin que le vieux Déshérité est libanais tendance Assad family. Le seul problème avec lui est que, depuis des lustres, la tendance est plus perceptible que le passeport, et qu'après toutes ces années au perchoir, il gardera certainement la reconnaissance du ventre.
Et alors ? Tout le monde fait des erreurs de jeunesse. Istiz Nabeuh, lui, est resté jeune très longtemps, c'est tout ■


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