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À bon porc

Depuis quelques jours, c'est le branle-bas de combat sanitaire contre la grippe porcine dont les premiers remugles sont arrivés jusqu'à la table de dialogue où, pour une fois, les participants étaient copains comme cochons. Une bonne occasion de rester dans la politique locale, puisque l'événement permet de changer de sujet tout en barbotant dans la même porcherie.
Nouvelle star du moment : le ministre de la Santé. Un Khalifé soudain devenu calife par la grâce du H1N1. Certes, Mohammad Jawad, éminent cache-sexe d'Istiz Nabeuh au sein du gouvernement, n'est pas un adepte du jambon-beurre. Mais en son for intérieur, il ne doit pas tarir de remerciements à l'égard des cochons mexicains qui lui ont permis de faire parler de lui à quelques groins des prochaines élections.
Seulement à force de répéter qu'il ne faut pas céder à la psychose, le ministre aura mis le corbillard avant les porcins. En gros, il résume sa prophylaxie en un seul mot d'ordre : gare aux baisers. On pourrait penser que dans son univers à une dimension, le surchargé pondéral évoque le bon vieux roulement de galoche toutes langues et salives mélangées. Que dalle ! Ce taliban veut même interdire les accolades, ce qui a foutu la poisse dans une classe politique habituée à se peloter en toutes occasions.
À ce stade, on attendait l'ânerie habituelle. Elle est venue du président de la municipalité de Chebaa, un apparenté barbu, qui a sonné le tocsin pour nous prévenir que les Hébreux allaient bientôt lâcher une palanquée de porcs infectés, rien que pour nous faire tarter. L'allumé n'a évidemment pas pris en compte que, question porcherie, le pays est déjà immunisé.
Comme il se doit, les rumeurs vont bon train : à Beyrouth, on a localisé un pauvre hère qui reniflait. Raté, son problème ne venait pas du Mexique, mais des plantations de Baalbeck-Hermel ; au Liban-Nord, un malade s'est présenté dans un hôpital. On a craint une grippe porcine, on a fait des examens et puis, soulagement général : c'était seulement un cancer.
Bref, personne n'a pensé expliquer tout bêtement que la grippe porcine ne contamine les humains que dans des situations exceptionnelles de promiscuité et de total manque d'hygiène. Mais bon, le virus de la désinformation ne s'arrête pas à ce genre de détail.
Le Liban a jusque-là échappé à la grippe aviaire, en sera-t-il de même avec la grippe porcine ? Nul ne le sait. Visiblement, les oiseaux et les cochons se cachent pour mourir...

gabynasr@lorientlejour.com
Depuis quelques jours, c'est le branle-bas de combat sanitaire contre la grippe porcine dont les premiers remugles sont arrivés jusqu'à la table de dialogue où, pour une fois, les participants étaient copains comme cochons. Une bonne occasion de rester dans la politique locale, puisque l'événement permet de changer de sujet tout en barbotant dans la même porcherie.Nouvelle star du moment : le ministre de la Santé. Un Khalifé soudain devenu calife par la grâce du H1N1. Certes, Mohammad Jawad, éminent cache-sexe d'Istiz Nabeuh au sein du gouvernement, n'est pas un adepte du jambon-beurre. Mais en son for intérieur, il ne doit pas tarir de remerciements à l'égard des cochons mexicains qui lui ont permis de faire parler de lui à...
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