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De mouise et de bois

Depuis le temps que notre raie publique pédale dans la mouise, il serait peut-être temps d'apprendre quelques rudiments de cette langue de bois en pur cèdre débitée à la scie, qui fait les délices des Libanais d'en bas.
Règle numéro un : quand le Barbichu de Koraytem annonce en fanfare que tout va désormais rentrer dans l'ordre parce que le Tsar Assadovitch, l'indéboulonnable Moubarak et le roi Abdallah ben Abdel-Zizou se sont pelotés mercredi, cela veut dire : le Liban est condamné à rester pendu à l'humeur fantasque des trois rigolos, dont l'un, excusez du peu, est de droit divin. Que l'un des guignols avale son mansaf de travers, et les carpettes du landernau se feront une joie de sous-traiter illico ses gargouillis gastriques sur le marché local.
Règle numéro deux : quand Mongénéral de Rabieh vitupère contre les nominations judiciaires et qu'Istiz Nabeuh sifflote en regardant ailleurs, il faut conclure : le premier n'est pas parvenu à caser ses poulains ; le second non plus, mais en échange il s'est fait vaguement promettre une sucrerie administrative qu'il fantasme de rentabiliser dans un peu moins de pas longtemps. Résultat : Orangina a échoué et le tenancier du perchoir législatif n'a pas réussi.
Règle numéro trois : quand le Fneich Plus Ultra du gouvernement se dit choqué par l'étendue des pouvoirs accordés aux enquêteurs de l'ONU dans l'affaire Hariri « au mépris de la souveraineté du Liban », il faut traduire : « Je m'agite donc je suis »... Même si le ciel appartient aux Israéliens, le Sud à la Finul, la mer aux Européens, la banlieue sud aux Iraniens, une portion de Tripoli à Ben Laden, et la Békaa-Est aux Palestiniens prosyriens.
Quand enfin Nagib le Mikati décati et Mansour le Bone débonnaire proclament, des étoiles dans les yeux, qu'ils ne roulent ni pour le 8 ni pour le 14 Mars, il faut comprendre qu'ils veulent exister pleinement, être du premier cercle de la cour de Sleimanie et au premier service du roi. Bref, qu'ils ont choisi la position anatomique du nombril, c'est-à-dire au centre... et au-dessus des parties ■

gabynasr@lorientlejour.com
Depuis le temps que notre raie publique pédale dans la mouise, il serait peut-être temps d'apprendre quelques rudiments de cette langue de bois en pur cèdre débitée à la scie, qui fait les délices des Libanais d'en bas.Règle numéro un : quand le Barbichu de Koraytem annonce en fanfare que tout va désormais rentrer dans l'ordre parce que le Tsar Assadovitch, l'indéboulonnable Moubarak et le roi Abdallah ben Abdel-Zizou se sont pelotés mercredi, cela veut dire : le Liban est condamné à rester pendu à l'humeur fantasque des trois rigolos, dont l'un, excusez du peu, est de droit divin. Que l'un des guignols avale son mansaf de travers, et les carpettes du landernau se feront une joie de sous-traiter illico ses gargouillis...
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