Comme pour les primeurs dans les fruits et légumes, les dirigeants arabes sont toujours les premiers à mettre les babouches dans le plat. Cette fois-ci, ils viennent de s'illustrer dans leur appui flamboyant à l'un des spécimens politiques les plus sympathiques de la planète : Omar el-Béchir, le Pinochet black et guilleret du Soudan, devenu depuis 48 heures un repris de justice.
Il est vrai que Omar Hassan Ahmad el-Béchir (que le dernier ferme la porte !), a suivi minutieusement le cursus standard du parfait demi-dieu exotique arabe : l'école primaire dans son caillou natal par 50° à l'ombre, puis directement la caserne où l'inénarrable bonhomme, déjà pas trop gâté par la nature, a eu tout le loisir d'exercer ses talents sur les ordonnances, question de s'entraîner avant les joyeusetés à venir au Sud-Soudan et au Darfour ; enfin, le pouvoir suprême après avoir dégommé son prédécesseur élu, l'ensemble des partis politiques, ce qui tenait lieu de Parlement et la quasi-totalité des ONG.
Un parcours sans faute pour ce cumulard, qui a empilé tous les postes possibles et imaginables : chef de l'État, Premier ministre, chef des forces armées, ministre de la Défense... Ouf ! À 65 balais et encore toutes ses dents, le Généralissime Omar arbore comme il se doit la mine compassée de ceux qui sont investis d'un pouvoir discrétionnaire. Se croit obligé de faire la gueule pour en imposer à la piétaille des applaudisseurs : large moustache, lunettes dorées, crâne tondu, bedaine enrobée, sans oublier la carpette de colifichets militaires qui lui bardent le torse et remplacent avantageusement tous les diplômes...
Bref, tout pour plaire à ses copains arabes, particulièrement au brave Faouzi Salloukh, notre ministre du Dehors, qui a failli faire une apoplexie gazeuse en apprenant que la Cour pénale internationale jouait les empêcheurs de massacrer en rond. À l'entendre, pendant toutes ces années, l'empereur de Nubie n'aurait fait que baigner dans la musique classique en faisant de la broderie sur tapisserie d'Aubusson.
Chargé en théorie de soutenir la coopération du gouvernement avec le Tribunal spécial pour le Liban, Salloukh s'essuie ainsi allègrement les pieds sur une décision de justice internationale. Ministre des Affaires étrangères, il gagnerait peut-être à se cultiver en affaires qui lui sont aujourd'hui totalement étrangères ■
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