Israël ment. Effrontément, avec arrogance, exploitant, avec la mentalité d'un trader, un fond de commerce qui perd chaque jour un peu plus de sa consistance, de sa crédibilité.
Israël ment effrontément, avec arrogance, jouant à fond la carte du temps, une carte nécessairement pipée parce qu'annonciatrice de remises en question, de dédits longuement planifiés.
Comment croire aux négociations de paix, auxquelles ont laborieusement œuvré les États-Unis, lorsqu'Israël annonce d'emblée que la colonisation se poursuivra à Jérusalem-Est et que la Ville sainte, dans sa globalité, restera la « capitale éternelle » de l'État hébreu.
Infortuné George Mitchell, envoyé spécial d'un Barack Obama revenu de loin, qui s'accroche à un « oui » prononcé du bout des lèvres autant par les Israéliens que par l'Autorité palestinienne, pour clamer haut et fort que le déblocage est à portée de main.
Dupé, Barack Obama, dindon d'une farce méticuleusement préparée par Netanyahu et l'Aipac, le puissant lobby juif aux États-Unis, contraint de revoir à la baisse ses ambitions de blanche colombe au Proche-Orient, amené même à réclamer au Congrès une nouvelle aide militaire à Israël dans l'espoir d'amadouer un État hébreu passé maître dans l'art de mener, amis et ennemis, en bateau.
Où est donc passé le flamboyant Barack Obama porteur d'idées quasiment révolutionnaires énoncées lors de son fameux discours du Caire ? Que sont devenus ces biceps gonflés l'espace de brillantes interventions certes, mais vite confrontées aux réalités du « niet » israélien ?
Interrogations légitimes alors même que des milliers d'intellectuels juifs en Occident viennent de se manifester pour dénoncer la « politique suicidaire » menée par le gouvernement Netanyahu ; un appel largement répercuté par la presse mondiale parce que reflétant une réalité susceptible de conduire à de nouvelles catastrophes.
De la Nakba de 1948 à l'outrage que planifie la coalition au pouvoir en Israël à travers le projet d'expulsion de milliers de familles palestiniennes, ce sont les germes de violences renouvelées qui sont semées, ce sont les ingrédients de guerres sans fin, d'un terrorisme attisé par des injustices meurtrières qui sont progressivement réunis.
« Wake up » Mister President ! Ce n'est pas l'installation d'un nouveau réseau antimissile qui amènera Israël à composition, c'est l'exercice d'une répression financière, c'est le recours à de fortes sanctions qui lui feront entendre raison.
Dans l'état actuel des choses, les négociations indirectes entamées entre Israéliens et Palestiniens ne sont que perte de temps, le prélude à de nouvelles fuites en avant, celles dont l'État hébreu a toujours été coutumier.
Les cibles sont clairement affichées : Gaza, victime de la criminelle désunion palestinienne ; le Liban, victime d'une tout aussi criminelle dualité : un État qui n'arrive pas à se reconstituer et une Résistance qui n'entend nullement l'aider à retrouver son unicité.
Les dés sont évidemment truqués, le réveil sera forcément brutal...

