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Punching-ball

Pédaler sur place, tourner en rond, c'est kif-kif, le résultat est le même : une auberge dont on ne sort jamais, des difficultés qui s'accumulent, toujours les mêmes, des plaidoyers qui s'élèvent, toujours les mêmes, des accusations qui fusent, toujours les mêmes, bien évidemment.
Machine à remonter le temps : prenez un journal d'il y a dix ans, pas forcément L'Orient-Le Jour, n'importe quel journal, prenez un autre d'il y a vingt ou trente ans, occultez les personnages (encore qu'ils sont souvent les mêmes puisque le temps n'a pas prise sur eux), concentrez-vous sur l'information, vous seriez alors stupéfait : c'est le journal d'aujourd'hui que vous seriez en train de lire...
Une bizarrerie propre au Liban, une stagnation, une inertie « rassurantes » pour la simple raison qu'elles dispensent le principal concerné, à savoir l'État, d'avoir à prendre le taureau par les cornes, à trancher dans le vif, autrement dit prendre le risque de se mettre toutes les parties en conflit sur le dos.
Les guerres successives, les empoignades à répétition, toutes les dérives sécuritaires qui ont jalonné la courte histoire du Liban indépendant auraient pu créer l'urgence, provoquer le sursaut nécessaire, elles ont, tout au contraire, incité l'État à davantage de frilosité, à davantage de composition avec les parties adverses, celles-là mêmes qui ne garantissent leur survie qu'à travers l'affaiblissement du pouvoir central.
Pourquoi ces rappels maintenant ? Parce que aujourd'hui comme hier, les ingrédients de la désagrégation prolifèrent, s'incrustent dans un corps malade ; hier, ils se faisaient une réputation par le recours aux armes, aujourd'hui, ils se l'assurent par le chantage politique, et demain cela pourrait bien être de nouveau le revolver sur la tempe.
Blocage sur les nominations, désaccords sur les réformes, querelles clientélistes sur les municipales, relance du sempiternel débat sur l'abolition du confessionnalisme politique : c'est la cuvée 2010, semblable à toutes celles qui l'ont précédée ; un même goût amer, un produit vicié qui traîne derrière lui des relents nauséabonds.
En toile de fond, l'éternel passé-présent : les armes palestiniennes dans et hors des camps, un passé-présent que l'inénarrable Abou Moussa, en vrai revenant, a brandi comme un défi, comme une insulte à la légalité, celle-là même que le mentor syrien du Fateh-Intifada prétend soutenir et arrive à en convaincre une communauté internationale soudainement atteinte de cécité sélective.
En toile de fond aussi, les armes du Hezbollah chiite, celles-là mêmes que la libération du Sud en l'an 2000 n'a pas réussi à « légaliser », à intégrer dans la structure étatique, des armes qu'Israël prend pour prétexte à de nouvelles aventures criminelles. Un arsenal qui a pour fonction affichée, concrétisée, de faire face aux visées agressives de l'État hébreu, et pour fonction implicite de contrebalancer la présence militaire palestinienne au Liban, sunnite de surcroît.
Des prétextes, des raisons, des justifications, pour les uns et pour les autres, un engrenage sans fin pour une auberge espagnole où l'on s'installe, où l'on s'incruste avec armes et bagages.
Et au milieu, un peu pour se faire la main, un peu pour déverser sa hargne, un punching-ball idéal qui a pour nom État. Effet boomerang nullement garanti...
Pédaler sur place, tourner en rond, c'est kif-kif, le résultat est le même : une auberge dont on ne sort jamais, des difficultés qui s'accumulent, toujours les mêmes, des plaidoyers qui s'élèvent, toujours les mêmes, des accusations qui fusent, toujours les mêmes, bien évidemment.Machine à remonter le temps : prenez un journal d'il y a dix ans, pas forcément L'Orient-Le Jour, n'importe quel journal, prenez un autre d'il y a vingt ou trente ans, occultez les personnages (encore qu'ils sont souvent les mêmes puisque le temps n'a pas prise sur eux), concentrez-vous sur l'information, vous seriez alors stupéfait : c'est le journal d'aujourd'hui que vous seriez en train de lire...Une bizarrerie propre au Liban, une stagnation, une...
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