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Parole non tenue

Au départ était le drame palestinien, à mi-parcours ça l'était toujours, et aujourd'hui, plus que jamais, c'est ce même drame qui motive tous les désespoirs, tous les excès, c'est la même injustice qui frappe tout un peuple, qui fournit toutes les raisons pour une résistance acharnée, tous les prétextes pour les dérives terroristes, celles-là mêmes qui font un tort immense à la cause initiale, originelle.
Qu'on se le dise une fois pour toutes, que les pays concernés arrêtent de tourner autour du pot pour éviter de mettre le doigt sur la plaie : tant que la question palestinienne n'aura pas été résolue, tant que l'État palestinien n'aura pas vu le jour, un État viable et protégé, l'hémorragie continuera, les attentats se poursuivront et l'engrenage de la violence s'étendra, prendra des formes imprévisibles.
Un temps précieux a été perdu, des heures cruciales ont été gaspillées. Résultat : des illuminés ont fait irruption, ont occupé le devant de la scène, faisant commerce d'une cause juste pour justifier leurs forfaits, un service inestimable rendu à l'État hébreu qui n'aurait pas mieux réussi si lui-même avait façonné le monstre, l'avait dressé pour servir ses propres desseins.
Terrorisme : l'hydre qui fait peur, qui a tiré prétexte de l'humiliation subie par le peuple palestinien pour se faire une horrible réputation un certain 11 septembre, l'hydre qui n'est plus qu'un électron libre, qui a pris de multiples visages, des facettes de barbarie et d'ignominie que l'islam ne saurait tolérer, que les Palestiniens ne pourraient admettre.
Au départ, donc, était le drame palestinien, un sang innocent qui coule depuis 1948 dans l'indifférence quasi générale, et, aujourd'hui, 62 ans plus tard, des dizaines de guerres plus tard, des centaines de résolutions onusiennes plus tard, on en est encore à disserter sur les causes et les effets, sur les responsabilités des uns et des autres, à verser des larmes de crocodile sur des murs de lamentation érigés pour se donner bonne conscience.
Barack Obama : c'est là où le bât blesse, c'est là au niveau du personnage, de l'homme du « Yes we can », que réside la grande déception, l'immense désillusion. Barack Obama : l'homme du fameux discours du Caire, celui qui s'est engagé à s'ouvrir sur le monde arabe, sur le monde musulman, à trouver une solution juste au conflit du Proche-Orient, et qui s'est vite retrouvé confronté à l'intransigeance, à l'obstructionnisme israéliens, à la mauvaise foi, à la duplicité du lobby juif aux États-Unis.
Est-il maintenant trop tard pour faire entendre raison à Netanyahu, trop tard pour remettre sur les rails un processus moribond ? Peut-être pas, et de Washington émanent, depuis quelques semaines, des signes d'irritation, de ras-le-bol qui n'excluent plus des pressions musclées sur Israël pour le contraindre à la négociation.
Mais une main seule, dit le dicton, ne peut applaudir, ne peut débloquer un mécanisme grippé, et les Palestiniens qui exhibent à la face du monde le pathétique spectacle de leurs divisions ont une grande part de responsabilité dans l'impasse actuelle, un blocage mis à profit par l'État hébreu pour multiplier les faits accomplis, qu'il s'agisse du mur de la honte ou de la colonisation sauvage.
Barack Obama réussira-t-il à tenir parole, lui qui a obtenu le Nobel de la paix non pas pour son bilan mais pour des intentions solennellement affichées ? Là où ses prédécesseurs se sont cassé les dents, Obama, symbole de la mixité raciale et religieuse, parviendra-t-il à ouvrir une brèche dans le mur de la haine et de l'incompréhension ?
Le temps presse et les deux ans que l'administration américaine s'est donnés pour réaliser la paix pourraient s'avérer trop longs, trop coûteux. C'est d'une opération chirurgicale rapide dont a besoin le corps malade du P-O. Israël, lui, n'attendra pas longtemps pour se lancer dans de nouvelles aventures, pour créer de nouvelles donnes irréversibles.
Le Liban, comme d'habitude, sera, alors, aux premières loges ■
Au départ était le drame palestinien, à mi-parcours ça l'était toujours, et aujourd'hui, plus que jamais, c'est ce même drame qui motive tous les désespoirs, tous les excès, c'est la même injustice qui frappe tout un peuple, qui fournit toutes les raisons pour une résistance acharnée, tous les prétextes pour les dérives terroristes, celles-là mêmes qui font un tort immense à la cause initiale, originelle. Qu'on se le dise une fois pour toutes, que les pays concernés arrêtent de tourner autour du pot pour éviter de mettre le doigt sur la plaie : tant que la question palestinienne n'aura pas été résolue, tant que l'État palestinien n'aura pas vu le jour, un État viable et...
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