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L'image est saisissante, frappante, telle une gifle reçue au réveil, quand on est encore assoupi. Annoncée, prévisible donc, elle n'en est pas moins déconcertante, perturbante.
Une poignée de main, une accolade, et l'histoire, imperturbable, déroule le film des occasions perdues, des attentes déçues, un long-métrage qui démarre en thriller et qui finit en queue de poisson.
Une production étalée sur cinq ans, faite de larmes et de sang, de défis et de revers, et qui s'achève dans le plus pur style du cinéma égyptien : un happy end façonné de toutes pièces, arrangé à la va-vite, le scénario dût-il en souffrir, le scénariste revoir ses ambitions à la baisse.
Arrêt sur image ! Une poignée de main, une accolade : que de baisers de Judas  oubliés, que de trahisons enfouies, en un éclair, dans les poubelles de l'histoire. Et une question lancinante, celle que tout un chacun s'est posée ce samedi 19 décembre : à l'instant même des retrouvailles, que s'est-il passé dans la tête de Saad Hariri, dans le tréfonds de son être, à quelle réflexion a-t-il pu se livrer au moment de l'accolade ?
Premier ministre du Liban et fils de Rafic Hariri : dans quelle mesure la fonction officielle peut-elle prévaloir sur la soif de vérité, dans quelle mesure l'intérêt supérieur de l'État peut-il primer sur l'urgence personnelle, celle qui s'est créée, qui s'est imposée dans le sang ?
Idem pour Bachar el-Assad : qu'a-t-il pensé à ce moment-là, à quelle introspection d'autosatisfaction ou de remise en question a-t-il pu se livrer ? Cette visite équivaut-elle pour lui à la reconnaissance d'une non-culpabilité, à l'épilogue d'un injuste ostracisme, ou prédispose-t-elle à une hypothétique  autocritique ?
Absolution, rédemption, devoir d'État ! Que de grands mots pour une évidence : une ardoise qu'on efface d'un trait de craie, une réalité contraignante à laquelle tous se soumettent. Michel Aoun, précurseur, Walid Joumblatt, successeur : nulle certitude en politique, nulle garantie de continuité, mais toujours des déconvenues, d'imprévisibles retournements.
Au-delà des déclarations officielles, de la page nouvelle qui s'ouvre dans les relations entre le Liban et la Syrie, au-delà de l'engagement pris de ne plus  renouveler les erreurs du passé, un malaise subsiste, le sentiment ineffable d'une promesse non tenue.
Cinq ans pour une métamorphose, pour un avatar infligé en trois dimensions. Et dans la bouche, ce terrible goût de l'inachevé : une vérité qui n'arrête pas de nous échapper...
L'image est saisissante, frappante, telle une gifle reçue au réveil, quand on est encore assoupi. Annoncée, prévisible donc, elle n'en est pas moins déconcertante, perturbante.Une poignée de main, une accolade, et l'histoire, imperturbable, déroule le film des occasions perdues, des attentes déçues, un long-métrage qui démarre en thriller et qui finit en queue de poisson. Une production étalée sur cinq ans, faite de larmes et de sang, de défis et de revers, et qui s'achève dans le plus pur style du cinéma égyptien : un happy end façonné de toutes pièces, arrangé à la va-vite, le scénario dût-il en souffrir, le scénariste revoir ses ambitions à la baisse....
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