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De vous à moi…

De quoi pourrais-je vous entretenir aujourd'hui, de quoi pourrais-je parler sans que vous ne soyez tentés de tourner la page, de sauter illico à la rubrique détente ou celle des variétés ?
Comment pourrais-je évoquer des questions politiques, parler des hommes qui nous gouvernent, ou qui aspirent à nous gouverner, sans que vous ne vous mettiez en colère, sans que les réactions de rage ne fusent instantanément : « On en a marre, qu'ils nous fichent donc la paix, qu'ils aillent au diable. »
Dur, dur le métier de journaliste, et pourtant il y a ce sacré devoir de coller à l'actualité, d'informer, de dénoncer les abus, de véhiculer le ras-le-bol général, d'essayer, autant que faire se peut, de projeter vers le Liban d'en haut, toujours dans les nuages, les récriminations du Liban d'en bas.
Mais y a-t-il encore quelqu'un pour entendre, pour carrément entendre raison ? Y a-t-il encore une oreille ouverte pour réceptionner, emmagasiner, analyser les protestations, sollicitations et autres requêtes légitimes ?
Dur, dur le métier de journaliste, et pourtant il y a ce droit inaliénable, incompressible, de dire leurs quatre vérités à tous ceux qui mentent, qui font commerce de l'aliénation des gens, de leur fidélité à des idées trompeuses, de leur asservissement à de pseudo-chefs qui ne brassent que du vent, après avoir brassé des affaires autant juteuses que suspectes, après avoir mené leurs partisans vers des désastres jamais reconnus mais toujours annoncés.
C'est de ceux-là, donc, que je pourrais vous entretenir, non pas d'un gouvernement qui n'arrête pas de se former, ni d'un gâteau qui n'arrête pas de s'affaisser parce que son tiers est naturellement vicié.
Je vous entretiendrais, éventuellement, des imposteurs et des menteurs, pour la simple raison que c'est ainsi que vous les percevez. C'est donc, tout naturellement, de vos appréhensions que je pourrais parler, du regard que vous portez sur les charlatans, de l'insulte qui vous est faite par des bonzes partis en guerre les uns contre les autres, mais qui s'arrangent, entre eux, pour continuer à vous mener en bateau, à vous faire accepter, en toute résignation, l'inacceptable, l'absolue décadence des institutions.
Un gouvernement entre parenthèses, un Parlement en hibernation... mais rassurez-vous : ministres en partance et députés en congé prolongé continuent de toucher leurs émoluments. Point de licenciements ni de sanctions, ce n'est pas demain qu'ils seront sur la paille !
Les réformes promises, elles, peuvent attendre, idem pour les projets d'infrastructure, de réhabilitation des administrations, de nettoyage des écuries d'Augias depuis longtemps annoncé. Et dire que les preux chevaliers, sur leur docile Rossinante bien installés, sont ceux-là mêmes qui se compromettent pour arracher les meilleures parts du gâteau...
Finalement, chers lecteurs, eu égard à tout ce qui a précédé, je ne vous entretiendrai de rien, puisque tout a été dit ! Je m'arrêterai donc là pour n'avoir pas à vous accabler davantage... Une chronique pour rien ? J'espère bien que non : elle nous aura, quand même, permis, vous et moi, de leur dire zut, d'aller voir ailleurs si nous y sommes !
Une « fachett khelek », un défoulement toujours bienvenus. Une ironie salvatrice pour le reste de la route, une route qui s'annonce bien longue, bien cahoteuse.

P.S. : Pardon pour le « je » tant honni auquel j'ai dû recourir dans cet article. L'exercice de style l'exigeait... on ne m'y  reprendra plus■
De quoi pourrais-je vous entretenir aujourd'hui, de quoi pourrais-je parler sans que vous ne soyez tentés de tourner la page, de sauter illico à la rubrique détente ou celle des variétés ?Comment pourrais-je évoquer des questions politiques, parler des hommes qui nous gouvernent, ou qui aspirent à nous gouverner, sans que vous ne vous mettiez en colère, sans que les réactions de rage ne fusent instantanément : « On en a marre, qu'ils nous fichent donc la paix, qu'ils aillent au diable. »Dur, dur le métier de journaliste, et pourtant il y a ce sacré devoir de coller à l'actualité, d'informer, de dénoncer les abus, de véhiculer le ras-le-bol général, d'essayer, autant que faire se peut, de...
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