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Planète Ubu

« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui rira aura une tapette » : Bernard Kouchner a dû bien se marrer en entendant les explications des uns et des autres lors de ses rencontres avec les protagonistes de la version libanaise d'Ubu roi.
Un jeu de mômes qui n'a rien à voir avec la réalité, mais une comptine qui reflète bien l'état mental de tous ceux qui prennent la République en otage. « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette... » : ce n'est nullement pour rire, mais pour marquer un point, pour pousser l'autre à céder, à dire « aïe » en premier.
Presque cinq mois que cela dure, que se prolongent les affres gouvernementales, et personne n'entend, évidemment, prononcer le mot magique, le « Sésame, ouvre-toi ! » synonyme, pour tous, d'humiliation, d'aveu de défaite.
Arrêtons de nous prendre pour le centre du monde : s'il est vrai que des enjeux politiques existent, que des facteurs régionaux pèsent sur l'évolution de la crise, il est non moins vrai que les considérations personnelles jouent un grand rôle dans la perpétuation du blocage.
« Un peu moins d'égocentrisme de part et d'autre, et les choses iraient mieux », s'est laissé aller à dire un Bernard Kouchner plus « french doctor » que jamais. Un ego démesuré qui se manifeste dans les propos, dans les attitudes, dans la versatilité chronique de ceux-là mêmes qui se croient investis d'une mission nationale, promis à un destin  hors du commun.
Un jour franchement optimistes, un autre définitivement sinistres, tout est états d'âme, réactions à fleur de peau. Ah ! que de personnalités politiques gagneraient à se taire, à la « boucler », dans certains cas, surtout quand ils se démènent pour préserver ce fameux « ma' al-wageh », pour sauver ce qui reste de leur face...
Intérêt national ? Partage du gâteau plutôt, ambitions présidentielles tenaces, pour certains, hargne communautaire, pour d'autres... et grosses ficelles tirées d'au-delà les frontières.
Sunnisme en position défensive, chiisme en pleine vigueur, tous muscles dehors, les chrétiens, eux, plus divisés que jamais, flirtent dangereusement avec la mort clinique, une situation dramatique, celle des laissés-pour-compte.
« Le déclin des chrétiens est-il irrémédiable ? » Samir Frangié a osé la question dans une analyse magistrale publiée dans nos colonnes le mardi 20 octobre. Un constat, un espoir, relayés quatre jours plus tard, samedi 24 octobre, par Antoine Courban dans ces mêmes colonnes.
Les chrétiens ont-ils perdu leur rôle d'arbitre, de ciment de l'unité nationale, de raison d'être d'une nation plurielle ? Vaste débat qui mérite plus d'un article, plus d'une analyse. Les politiciens, eux, sont sur une autre planète et se battent toujours pour le partage du gâteau.
« Le gouvernement  verra forcément le jour, demain, dans une semaine ou dans trois mois » : Bernard Kouchner n'en sait pas plus ; nous aussi ! « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette... » un jeu absurde qui s'éternise et des crédits qui s'érodent chaque jour un peu plus.
Heureusement que le Salon du livre francophone est là pour nous faire oublier petites et grandes misères. Et puisqu'il est question de livre, gageons que si Alfred Jarry venait à ressusciter, c'est au Liban qu'il élirait domicile... 
« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui rira aura une tapette » : Bernard Kouchner a dû bien se marrer en entendant les explications des uns et des autres lors de ses rencontres avec les protagonistes de la version libanaise d'Ubu roi.Un jeu de mômes qui n'a rien à voir avec la réalité, mais une comptine qui reflète bien l'état mental de tous ceux qui prennent la République en otage. « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette... » : ce n'est nullement pour rire, mais pour marquer un point, pour pousser l'autre à céder, à dire « aïe » en premier.Presque cinq mois que cela dure, que se prolongent les affres gouvernementales, et personne n'entend,...
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