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De la francophonie

Au creux de la vague, dans le tunnel le plus sombre, dans les cauchemars les plus angoissants, il y a toujours, forcément, une remontée inévitable, une porte de sortie, la certitude d'un réveil porteur d'un espoir renouvelé.

Voilà des décennies que le Liban jongle avec la vie, avec la mort, avec les bombes minutées qui jalonnent son quotidien, un art de survie où il est passé maître et dont il se serait bien passé n'était l'urgente nécessité.

Des guerres, des fractures internes, des divorces douloureux et, dans les intervalles, dans les moments de répit, un défoulement extatique, un bonheur fou, débridé, l'exhibition d'une insolente soif de vivre.

L'espace d'une année, le temps d'un été, d'une semaine, c'est alors l'illusion d'une normalité totalement retrouvée, un bras d'honneur, un pied de nez à l'adresse des fossoyeurs impénitents, récidivistes, toujours pris en faute, toujours pris de court.

Une première gifle avec l'été des festivals culturels et artistiques, des deux millions de visiteurs, une deuxième gifle avec Beyrouth capitale mondiale du livre, une troisième, la plus retentissante, avec les Jeux de la francophonie, ceux de la diversité, de la pluralité, de l'ouverture sur l'autre. Une écoute faite de tolérance, de compréhension et un même credo véhiculaire : tous ensemble dans le respect des différences.

Un fondement qui est la raison d'être du Liban meurtri, l'essence même de son existence, une base sans laquelle le pays du Cèdre déposerait les armes face aux tenants de l'intégrisme, face aux despotes de la pensée unique.

Que le monde francophone se retrouve aujourd'hui à Beyrouth pour sa fête traditionnelle, qu'il rameute tous ses fidèles, de tous les continents, pour célébrer l'universalité de ses principes, c'est, pour le Liban, plus qu'un témoignage de solidarité, c'est la preuve, comme l'a si bien dit Abdou Diouf dans une interview à L'Orient-Le Jour, que notre pays reste un bastion de diversité culturelle qu'il s'agit impérativement de préserver.

Qu'on ne s'y trompe pas : la francophonie au Liban, c'est plus que l'appartenance à une collectivité de peuples parlant et écrivant en français, c'est surtout l'adhésion, autant réfléchie que spontanée, à des valeurs essentielles, un rempart face à la montée des intégrismes, des totalitarismes, une défense que seul un État de droit est en mesure d'assurer.

Dure, dure est la bataille dans une région où les lavages de cerveau sont monnaie courante, où la barbarie démagogique est toujours aux aguets, mais le combat mérite largement d'être mené, autant en mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour un Liban pluriel que dans l'espoir d'un avenir immunisé.

Dans cette arène de survie, L'Orient-Le Jour ne peut être que sur la brèche, que sur la première ligne : c'est sa vocation naturelle, sa carte d'identité. Et s'il lui fallait reprendre la phrase célèbre d'un illustre écrivain, il dirait : « Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là. » 
Au creux de la vague, dans le tunnel le plus sombre, dans les cauchemars les plus angoissants, il y a toujours, forcément, une remontée inévitable, une porte de sortie, la certitude d'un réveil porteur d'un espoir renouvelé.Voilà des décennies que le Liban jongle avec la vie, avec la mort, avec les bombes minutées qui jalonnent son quotidien, un art de survie où il est passé maître et dont il se serait bien passé n'était l'urgente nécessité.Des guerres, des fractures internes, des divorces douloureux et, dans les intervalles, dans les moments de répit, un défoulement extatique, un bonheur fou, débridé, l'exhibition d'une insolente soif de vivre.L'espace d'une année, le temps d'un été,...
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