Rechercher
Rechercher

Sport national

Les élus sont-ils à l'image de ceux qui les ont plébiscités, sont-ils fidèles à la mission dont ils s'étaient dit les dépositaires, sont-ils, tout simplement, dignes de la confiance qui leur a été accordée ? Difficile, bien difficile, de répondre « oui », de leur donner ne serait-ce que le bénéfice du doute.
Plus de trois mois après les élections législatives, plus de trois mois après le verdict des urnes, c'est, osons le mot, la décrépitude. D'un côté, une bataille de peaux de banane glissées sous les pattes d'alliés devenus, du jour au lendemain, des adversaires retors, de l'autre, une frénésie quasiment clinique pour enfoncer dans le corps de l'État les banderilles de l'imposture, celles motivées par les intérêts de clans, de familles.
Debout, la main sur le cœur, d'iftars bien austères en retrouvailles bien arrosées, de réunions de « politburo » en séances très décontractées, ils jurent sur l'honneur, presque les larmes aux yeux, qu'ils ne carburent qu'au jus de cèdre, qu'ils ne bataillent que pour améliorer les conditions de vie des pauvres citoyens que nous sommes.
Tous en bloc pour changer et réformer : tout est évidemment bidon, tout est évidemment du vent, celui-là même qui pousse les gens, depuis des décennies, à croire aux mêmes balivernes, à se précipiter dans les bureaux de vote pour élire les mêmes modèles, les mêmes duplicatas : debout, la main sur le cœur, l'intérêt de la nation au bout de l'étendard ! Bernés et contents de l'être, la démagogie est passée par là.
14 Mars, 8 Mars, majorité, minorité, qui est qui, qui est quoi, qui est pour, qui est contre ? Des dés pipés dès le départ, une belle pagaille qui fait perdre la raison, qui fait dérailler la meilleure des boussoles.
« Un pays plutôt compliqué », admet André Parant, ambassadeur de France, dans l'interview accordée à L'Orient-Le Jour en date du 11 septembre. Ajoutant, sur un ton badin : « N'a-t-on pas dit : si vous avez compris le Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué »...
...ou qu'on vous a grossièrement trompés, serait-on tenté d'ajouter, au vu des retournements de veste, des coups de Jarnac et autres amabilités qui jalonnent les échéances nationales, législatives, présidentielles ou simples municipales.
« Sport » typiquement libanais où le dopage est quasiment licite, mais discipline désormais mortelle parce qu'elle infecte le système même, parce qu'elle s'emploie à enliser le garant de ce système dans les méandres tortueux de la politique politicienne.
Et c'est ainsi que des tentatives insidieuses sont menées pour mettre la présidence de la République en confrontation directe avec la présidence du Conseil, pour ressortir de sa tombe l'ancien conflit sur les attributions respectives du président maronite et du Premier ministre sunnite.
Une manœuvre confessionnelle abjecte qui sème déjà les germes de la discorde, une manœuvre qui n'aurait pour objectif que de torpiller la parité islamo-chrétienne, confirmée à Taëf, pour la remplacer par un triptyque sunnito-chiito-maronite. Conséquence logique, fatale : affaiblissement du partenaire chrétien et attisement de l'animosité ancestrale sunnito-chiite.
Sport national ? Entreprise de démolition, de destruction plutôt... et la galerie applaudit à tout rompre. Aurait-elle donc finalement les acteurs qu'elle mérite ?
Pour Beyrouth capitale mondiale du livre, plate-forme des Jeux francophones, ce serait là un reniement, l'aveu pitoyable de la négation de soi... ■
Les élus sont-ils à l'image de ceux qui les ont plébiscités, sont-ils fidèles à la mission dont ils s'étaient dit les dépositaires, sont-ils, tout simplement, dignes de la confiance qui leur a été accordée ? Difficile, bien difficile, de répondre « oui », de leur donner ne serait-ce que le bénéfice du doute.Plus de trois mois après les élections législatives, plus de trois mois après le verdict des urnes, c'est, osons le mot, la décrépitude. D'un côté, une bataille de peaux de banane glissées sous les pattes d'alliés devenus, du jour au lendemain, des adversaires retors, de l'autre, une frénésie quasiment clinique pour enfoncer dans...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut