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Entre baguette et béquilles

Disséquer, analyser, essayer de comprendre le pourquoi du comment, se casser la tête pour tenter de lire dans la pensée des uns, pour deviner les intentions des autres. Prêter l'oreille aux sources dites informées, réaliser rapidement qu'on s'est adressé à la mauvaise « source informée », aller voir ailleurs « au cœur de l'information », se retrouver encore plus mal renseigné.
Et au final, la sensation désagréable, frustrante d'avoir été floué, trompé, manipulé, de s'être cogné la tête contre un mur fait de mensonges, d'imposture, de perfidie.
Un mélange nauséabond à l'image d'une classe politique perverse, de bonzes désarticulés qui ne brassent que du vent cyanuré, qui n'envisagent l'avenir que dans les carrés « blockhausés » de leurs miniroyaumes de droit divin ou de pouvoir absolu.
Et quand ils ouvrent la bouche, c'est bien bas que volent leurs discours, c'est au-dessous de la ceinture que s'étalent les arguments massues supposés convaincre en toute démocratie...
Vous avez dit gouvernement d'union nationale ? De ferrailleurs plutôt, de bretteurs qui n'entendent participer que pour mieux miner l'édifice, que pour mieux le prendre en otage à l'orée d'échéances cruciales qui frappent déjà aux portes.
Vous avez dit unité nationale, convivialité, tolérance ? Au vieux contentieux sunnito-chiite, à l'humiliation ineffable subie un certain 7 mai, vient se greffer, aujourd'hui, la résurgence du malaise sunnito-maronite délibérément réactivé par les propos irresponsables, provocateurs, adressés à Saad Hariri réduit au rang de député désigné, les flèches atteignant, par la bande, le chef de l'État.
Aux attaques dirigées contre Bkerké, contre les constantes réitérées du patriarche Sfeir, viennent se greffer, aujourd'hui, la relance suspecte de l'antienne de la démocratie du nombre, l'offense faite au patriarcat maronite, à l'essence même de sa vocation originelle au mépris de son histoire glorieuse, de son rôle national depuis l'indépendance.
Que peut encore sortir d'une rencontre au forceps Hariri-Aoun au vu de tous ces dérapages, de toutes ces dérives, au vu d'intentions évidentes visant à maintenir le Liban dans l'état d'un pays sans État, d'un pays transformé en ballon que se disputent les puissances régionales au gré de leurs intérêts respectifs ?
Que peut encore sortir d'une rencontre entachée par les enjeux personnels, par des ego démesurés, une rencontre de non-confiance parce que motivée par la seule volonté de marquer des points, d'inverser l'équation majorité-minorité ?
Vous avez dit gouvernement d'union nationale ? Le cabinet serait-il formé demain, par un coup de baguette magique, qu'il aurait rapidement besoin de béquilles pour continuer à nous donner l'illusion d'une entente retrouvée...
Hier, Jamil el-Sayyed, fraîchement sorti de prison, a enfoncé le clou, donné le ton des événements à venir, des règlements de comptes envisagés, a fourni un avant-goût des pièges qui se posent aussi bien sur le chemin de Baabda que sur celui de Koraytem...
Qui a dit que la Syrie a définitivement quitté le Liban ?
Disséquer, analyser, essayer de comprendre le pourquoi du comment, se casser la tête pour tenter de lire dans la pensée des uns, pour deviner les intentions des autres. Prêter l'oreille aux sources dites informées, réaliser rapidement qu'on s'est adressé à la mauvaise « source informée », aller voir ailleurs « au cœur de l'information », se retrouver encore plus mal renseigné.Et au final, la sensation désagréable, frustrante d'avoir été floué, trompé, manipulé, de s'être cogné la tête contre un mur fait de mensonges, d'imposture, de perfidie.Un mélange nauséabond à l'image d'une classe politique perverse, de bonzes...
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