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Toutes griffes dehors…

Touche pas à mon pote, touche pas à mon journal : un pas a été franchi, un pas de trop, celui qui annonce les dérives à venir, les mensonges à entretenir ; un nouveau masque est tombé, certainement pas le dernier, et les intentions cachées sortent progressivement de leur cocon factice.
Grattez un peu, grattez de plus en plus fort : le vernis craquelle, dévoilant une réalité effrayante, des visées laborieusement camouflées sous le label bien commode de la réforme et du changement.
Touche pas à mon pote, touche pas à mon journal : les parangons de la vertu ont d'ores et déjà enfourché leur cheval de bataille, empoigné le glaive de la justice, celle façonnée à leur démesure, annonciatrice des abus planifiés des années à l'avance. Leur cible ? La presse, celle qui dérange, qui dévoile leur double jeu, celle qui fait, tout simplement, son devoir.
Et c'est ainsi que les soldats de la probité, les tenants de la seule vérité, indiscutable et unique, montent au créneau, se permettent de donner des leçons de journalisme, de savoir penser et écrire, aux titres libanais les plus prestigieux. L'un de ces militants purs et durs s'avance même à annoncer, pour l'après-7 juin, un grand coup de balai pour réformer tous les médias, L'Orient-Le Jour en tête, pour les mettre en quelque sorte au pas, les formater dans un même moule, celui probablement du béni-oui-oui, du garde-à-vous.
On croit rêver, et pourtant, des propos ubuesques ont bien été tenus, desservant leur auteur, le discréditant face au public. Mais le « soldat de Michel Aoun », comme il aime à se qualifier, n'en a
cure : l'information véhiculée par L'Orient-Le Jour le dérange, les opinions qui s'y étalent, quoique diversifiées, l'horripilent, lui-même, pourtant, n'hésitant pas à s'y exprimer quand le besoin s'en fait sentir.
« Demain, on mettra bon ordre à tout cela », avertit-il doctement. On est donc prévenu : L'Orient-Le Jour de Michel Chiha et de Georges Naccache, L'Orient-Le Jour vieux de 80 ans, celui qui a fait et participé à l'histoire du Liban indépendant, celui de toutes les batailles pour l'État de droit et des institutions, n'a plus qu'à bien se tenir !
Les foudres l'attendent, celles de l'ordre nouveau que les soldats de la réforme et du changement entendent imposer à l'ensemble de la presse.
Uniformiser l'information, la contenir dans les strictes règles que lui imposerait la « IIIe République » envisagée : telle est la mission que se sont impartie les propagateurs de la bonne parole, de « l'écriture correcte », celle, précisent-ils sans rire, qui se pratique en Occident. La pensée unique à la mode francophone ou anglo-saxonne, on aura tout entendu !
Les discours tenus au cours du week-end écoulé, les poings dressés comme une menace, à la manière bien hezbollahie, donnent le ton de ce qui nous attend s'ils venaient à s'installer au pouvoir.
Mais pour L'Orient-Le Jour, n'en déplaise aux soldats de l'ordre nouveau, ce serait là l'occasion magnifique de perpétuer le combat qui a toujours été le sien : la bataille pour l'État de droit, pour la pluralité, pour la liberté d'expression. Une bataille toutes griffes dehors contre la pensée unique.
Qu'on se le tienne pour dit !

Nagib AOUN
Touche pas à mon pote, touche pas à mon journal : un pas a été franchi, un pas de trop, celui qui annonce les dérives à venir, les mensonges à entretenir ; un nouveau masque est tombé, certainement pas le dernier, et les intentions cachées sortent progressivement de leur cocon factice.Grattez un peu, grattez de plus en plus fort : le vernis craquelle, dévoilant une réalité effrayante, des visées laborieusement camouflées sous le label bien commode de la réforme et du changement.Touche pas à mon pote, touche pas à mon journal : les parangons de la vertu ont d'ores et déjà enfourché leur cheval de bataille, empoigné le glaive de la justice, celle façonnée à leur...
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