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Vérité des urnes

Déjà la déprime, la grande déception, le sentiment diffus d'avoir été trompé, mené en bateau ? Déjà les cris d'orfraie, les procès d'intention, l'impression d'un déjà-vu qui a meurtri, avili l'histoire tumultueuse du Liban indépendant ? Un asservissement, une soumission honteuse aux ambitions des uns, aux rancunes, aux haines des autres ?
Des interrogations légitimes alors que le paysage électoral ballote entre compromissions et arrangements ubuesques, entre rites sacrificiels et « bazardages » éhontés.
Quarante jours pour recoller les morceaux, pour remonter la pente, une entreprise véritablement « sisyphienne » alors que les portes de l'ignominie sont largement ouvertes, que les crocs-en-jambe, les retournements de veste pavent déjà la voie menant aux mésalliances, aux divorces de convenance.
Pitoyable, pathétique, grotesque même : faibles sont ces adjectifs, eu égard au ressentiment qui anime tous ceux qui ont cru l'espace d'un matin que les dénominateurs communs supplanteront les intérêts de clans, que les grands principes prévaudront sur les petits calculs partisans ou personnels.
Faut-il baisser les bras pour autant, se dire que l'aventure ne mérite plus d'être poursuivie, se résigner en quelque sorte et laisser faire les assassins du rêve, les croque-morts de la 25e heure ?
Attention danger : c'est notre mémoire récente qui est aujourd'hui assaillie, attaquée, celle qui s'est forgée dans les épreuves, qui s'est enrichie du sang des martyrs, qui a emmagasiné les plus belles heures d'une révolution, celle d'un cèdre qu'on tente, aujourd'hui, de démembrer.
Attention danger : c'est la révolte magnifique, ce « ça suffit » hurlé à gorge déployée, ce « khalass » assourdissant, nés un certain 14 mars, qu'on tente de rayer de notre mémoire ; ce sont les réalisations accomplies depuis lors qu'on veut tourner en dérision, qu'on veut occulter, qu'il s'agisse des résolutions du Conseil de sécurité qui ont assuré au Liban un parapluie protecteur international ou du retrait des forces de l'infamie.
Demain, dans quarante jours, à l'heure de vérité, celle du bulletin déposé dans l'urne, il faudra impérativement s'en souvenir. Voter, mais se rappeler que face aux dérapages, aux dérives des uns, à la déception, à l'amertume qui en ont résulté, se développent, se bétonnent la tromperie, l'imposture des autres.
Un rouleau compresseur, une machine à broyer qui ne se nourrit que des ruines de l'État de droit, qui ne s'oxygène que sur les décombres des institutions.
Demain, dans quarante jours, à l'heure de vérité, c'est d'un vote de sanction que le Liban aura le plus besoin. Voter contre et non pour : c'est tout simplement dire aux fossoyeurs de la République « ça suffit », « khalass », ce cri du cœur qui a résonné très fort un certain 14 mars, place de la Liberté, place des Martyrs ■
Déjà la déprime, la grande déception, le sentiment diffus d'avoir été trompé, mené en bateau ? Déjà les cris d'orfraie, les procès d'intention, l'impression d'un déjà-vu qui a meurtri, avili l'histoire tumultueuse du Liban indépendant ? Un asservissement, une soumission honteuse aux ambitions des uns, aux rancunes, aux haines des autres ?Des interrogations légitimes alors que le paysage électoral ballote entre compromissions et arrangements ubuesques, entre rites sacrificiels et « bazardages » éhontés.Quarante jours pour recoller les morceaux, pour remonter la pente, une entreprise véritablement « sisyphienne » alors que les portes de l'ignominie...
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