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L’oiseau rare

Papillon ou boomerang ? Les envols sont différents, le résultat est le même : catastrophique.
« Effet papillon » : un léger battement d'aile à mille lieues de la scène concernée peut provoquer, par amplifications successives, un désastre qui mettrait K.-O. tous les protagonistes. Boomerang : un tir raté, une parole hostile, et l'arme utilisée se retourne inévitablement contre son auteur.
Effet papillon ou effet boomerang, le Liban, ouvert à tous les vents, caisse de résonance de tous les conflits régionaux, est soumis à l'un et à l'autre et les coups fourrés, échangés de part et d'autre, le condamnent à encaisser tous les chocs.
Pénible, bien pénible est, à cet égard, le spectacle préélectoral qui nous est offert, qui nous est servi à domicile, une foire d'empoigne qui achève de discréditer ceux-là mêmes qui entretenaient encore l'illusion de leur compétence, de leur probité.
Une bataille qui s'avère plus de personnes que d'idées, plus de clans que de programmes et, au finish, une nouvelle Assemblée promise au même destin que celles qui l'ont précédée : parlotes, invectives, paralysie.
Et les réformes, me direz-vous, l'assainissement de l'administration, le nettoyage des écuries d'Augias ? Partie remise, mais, promis, juré (tous les candidats, tous les élus vous l'assureront), cela se fera aux législatives suivantes. Cela dure depuis des décennies et cela s'appelle tout simplement démocratie libanaise...

***

Pardon pour cette lugubre entrée en matière, mais elle reflète, après tout, une frustration bien ancrée parmi les citoyens : alors que le monde avance, progresse, le Liban se complaît dans son surplace, dans sa stagnation. Un monde qui produit des hommes d'exception, qui ouvre ses bras aux compétences étrangères, qui donne au génie libanais la possibilité de s'exprimer, de créer une académie scientifique aux États-Unis, contribuant ainsi à l'essor de l'humanité.
Des élites qui s'expatrient parce que les enjeux sont culturels et que les chemins du changement sont bloqués au Liban, parce que l'éducation est assassinée et l'université phagocytée par les boutiques de « l'enseignement supérieur », parce que des écoles sont transformées, du jour au lendemain, en facultés et que personne ne trouve rien à y redire, parce que le ministre Ibrahim Chamseddine s'en arrache les cheveux en Conseil des ministres et que sa colère reste un cri dans le désert.
Clientélisme, corruption, passe-droits : tous sont logés à la même enseigne, tous participent à la curée et les forts en gueule sont les moins innocents. Dur, dur de se retrouver à des années-lumière du monde développé, d'assister, impuissants, à l'exil des meilleurs d'entre nous, de ceux qui iront grossir le réservoir des compétences mondiales.
Au Japon, viennent de nous l'apprendre les agences de presse, les robots obéissent déjà à la pensée humaine. Nul besoin de paroles ou de gestes, il suffit d'un ordre du cerveau et la machine obéit. Au Liban, c'est l'homme qu'on veut transformer en robot et c'est la pensée unique qui tente de le motiver, de l'émouvoir, de l'entraîner sur les chemins du « panurgisme », de lui faire accepter les universités-boutiques qui ne produiront que les clones de ceux-là mêmes qui ont vidé notre pays de son âme, de son essence.
Démoralisant ? Peut-être, mais le constat révèle une double urgence : arrêter la descente aux abysses, sanctionner les menteurs et les hypocrites.  Un processus titanesque, une révolution des esprits qui n'attendent qu'un déclic.
Un papillon dont le battement d'aile serait porteur d'espoir et non de calamité. Mais où donc trouver cet oiseau rare ? 
Papillon ou boomerang ? Les envols sont différents, le résultat est le même : catastrophique.« Effet papillon » : un léger battement d'aile à mille lieues de la scène concernée peut provoquer, par amplifications successives, un désastre qui mettrait K.-O. tous les protagonistes. Boomerang : un tir raté, une parole hostile, et l'arme utilisée se retourne inévitablement contre son auteur.Effet papillon ou effet boomerang, le Liban, ouvert à tous les vents, caisse de résonance de tous les conflits régionaux, est soumis à l'un et à l'autre et les coups fourrés, échangés de part et d'autre, le condamnent à encaisser tous les chocs.Pénible, bien...
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