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Liban

Hariri : Nous n’acceptons pas d’être un protectorat iranien

Exécutif Le Premier ministre sortant et leader du Courant du futur, Saad Hariri, a tiré à boulets rouges sur la République islamique iranienne, soulignant, devant un groupe d'hommes d'affaires saoudiens, que la politique de Téhéran dans la région est devenue « intolérable ».

OLJ
08/04/2011
Dans le sillage de la guerre ouverte menée par le 14 Mars contre l'arsenal militaire du Hezbollah, le leader du Courant du futur, Saad Hariri, a élargi hier le champ de cette campagne en lançant une virulente attaque contre la politique du régime iranien au Liban et dans le monde arabe, plus particulièrement dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Certes, le contexte du moment se prêtait à une telle escalade, puisque le Premier ministre sortant s'adressait, entre autres, à un groupe d'hommes d'affaires et de journalistes saoudiens et que cette position en flèche est intervenue à un moment où le torchon brûle entre les pays du Golfe et la République islamique iranienne, accusée de mener une politique de déstabilisation dans certains pays du CCG, notamment à Bahreïn, au Koweït et en Arabie saoudite.
Le leader du Courant du futur a tenu ces propos dans le discours qu'il a prononcé hier matin à l'ouverture du forum libano-saoudien qui se tient à l'hôtel Four Seasons de Beyrouth à l'initiative du groupe al-Iktissad wal Aamal, en collaboration avec les Chambres de commerce saoudiennes et la Fédération des Chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture du Liban. De nombreuses personnalités politiques et un large éventail d'hommes d'affaires saoudiens et libanais participent à cette conférence.
Après un mot de bienvenue du président exécutif du groupe al-Iktissad wal Aamal, Raouf Abou Zaki, le Premier ministre sortant a pris la parole pour, d'emblée, évoquer les développements en cours au Liban et dans le monde arabe.
« La tenue du forum libano-saoudien à l'ombre des grands défis auxquels est confrontée notre région constitue la preuve la plus éclatante de l'importance de la relation entre nos deux pays, a déclaré dans ce cadre M. Hariri. La présence des frères saoudiens au Liban dans le contexte présent est la meilleure illustration de votre foi dans le Liban, son économie, sa capacité à initier une croissance, en dépit des difficultés, à surmonter les crises et prendre un nouveau départ grâce à la souplesse de son secteur privé et aux dons de son peuple, sa créativité et sa culture liée à la modernité, la connaissance et la liberté. »
« Mais la sincérité nous impose de relever que tout cela n'aurait jamais été possible sans le soutien continu de nos frères arabes, dont notamment l'Arabie saoudite, et plus particulièrement le roi Abdallah ben Abdel Aziz qui s'est constamment montré soucieux de la stabilité du Liban et de son économie, a déclaré M. Hariri. Il s'est ainsi tenu au côté du Liban, de tout le Liban, de tous les Libanais sans exception. Il est vrai que l'Arabie saoudite, tant sur le plan de son leadership qu'au niveau de son gouvernement, son peuple ou ses secteurs public et privé, est le plus grand investisseur au Liban ; en effet, 40 pour cent des investissements arabes au Liban viennent d'Arabie, et le nombre de touristes saoudiens l'an dernier a représenté 10 pour cent du nombre total de touristes. »
Et de poursuivre : « Mais l'Arabie saoudite, grâce à la sagesse, au leadership et à la vision d'avenir de son
souverain, est aussi le premier et le plus important initiateur de stabilité au Liban. Cela ne saurait se mesurer par des chiffres ou par une quelconque valeur matérielle. Cela constitue le fondement essentiel de l'essor du Liban et de la croissance de son économie, surtout lorsque l'on trouve en face des parties, des États et des forces régionales qui œuvrent à investir dans le chaos et qui provoquent toutes sortes de troubles politiques, sociaux et sécuritaires afin de porter atteinte à l'unité de nos sociétés arabes. »

L'ingérence iranienne « flagrante »
« Nul n'ignore qu'Israël est le plus grand initiateur du chaos régional, de même qu'il suscite la violence et les troubles dans différentes directions, a ajouté le Premier ministre sortant. Nul n'ignore aussi que le Liban a payé un lourd tribut du fait de cette politique qui s'est traduite par des guerres destructrices et des agressions qui ont provoqué de vastes dégâts et d'importantes pertes au niveau de l'économie libanaise. Cela est l'œuvre de l'ennemi. Mais qu'en est-il des pays amis ? Nul n'a le droit d'exporter le chaos au Liban et dans les pays arabes. »
« Nous sommes tous témoins, dans le contexte présent, des actions entreprises afin de susciter les passions confessionnelles et sectaires dont le but est de faire du Liban, de Bahreïn ou de la région du Golfe un champ pour étendre une influence politique et sécuritaire, a souligné M. Hariri. La franchise impose sur ce plan de dire les choses comme elles sont : le Liban et nombre de pays arabes, dans le Golfe et peut-être même en dehors du Golfe, pâtissent, aux plans politique, économique et sécuritaire, de l'ingérence iranienne flagrante dans le monde arabe ; je dirais même plus que l'un des plus grands défis auxquels les sociétés arabes, dont le Liban, sont confrontées réside dans les infiltrations iraniennes rampantes au niveau du tissu social du monde arabe. »
« En réalité, a déclaré aussi M. Hariri, les pays arabes, et en particulier le Liban et la région du Golfe, n'ont pas approché cette question sous l'angle de l'adversité à l'égard de l'Iran. Au cours de longues années, ils ont fait preuve de beaucoup de sagesse et de sens des responsabilités afin de résorber le grignotage iranien, sécuritaire, politique et financier, des scènes arabes. Ils prenaient ainsi en considération le fait que l'Iran est un pays ami et frère avec lequel il fallait entretenir des relations amicales, de bon voisinage et de foi commune. »

L'infiltration iranienne des pays arabes
Et le Premier ministre d'ajouter : « Il semble, malheureusement, que le leadership iranien a perçu cette position arabe responsable ainsi que les appels répétés à l'ouverture comme des signes de faiblesse et de capitulation de la part des pays arabes. Il a, de ce fait, décidé d'aller de l'avant dans l'infiltration des pays arabes, l'un après l'autre. Et l'on a assisté à ce qui s'est produit au Liban, puis à Bahreïn et dans d'autres pays. En toute franchise et avec tout le sens de responsabilité qui s'impose, nous disons que cette politique iranienne n'est plus tolérable. Le rapt progressif des sociétés arabes, quel que soit le slogan utilisé, ne saurait être dans l'intérêt de l'Iran ou des relations arabo-iraniennes. »
« Nous, au Liban, nous n'acceptons pas d'être un protectorat iranien, de la même façon que nous n'acceptons pas que nos frères à Bahreïn, au Koweït, ou dans n'importe quel pays, soient un protectorat iranien, a affirmé M. Hariri. Nous faisons partie d'une société arabe globale, avec toutes nos composantes, nos communautés et nos sensibilités spirituelles et culturelles. Nous avons fait partie, nous faisons partie et nous ferons partie à l'avenir de cette nation qui reste fermement attachée à son arabisme. Les prochains jours apporteront la preuve que nous n'avons pas besoin, et que nous n'aurons pas besoin, d'une autre identité nationale, en dépit de leurs tentatives. »
Et de conclure : « L'ère du vide arabe est révolue. Chaque jour nous récupérons notre santé arabe ainsi que nos capacités économiques et culturelles. Votre présence ici aujourd'hui est un message adressé à tous ceux qui veulent entendre ; un message dont il ressort qu'en tant qu'arabes, nous avons décidé de construire notre avenir de nos propres mains, grâce aux jeunes, aux leaders d'opinion et aux hommes d'affaires qui ont réussi dans nos sociétés. Les relations entre le Liban et l'Arabie saoudite sont plus profondes que les intérêts. Ce sont des relations liées à un avenir commun. Nous ne permettrons pas à d'autres que nous, quels qu'ils soient, de décider de cet avenir à notre place. »

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