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Culture - Festival Al-Bustan

Inva Mula : lipstick glossy carmin et voix ample et ductile

Une cantatrice venue de Tirana. Un programme panaché, presque coloré. Une présence alliant charme, séduction et port de reine. Du bel canto, certes, mais aussi des airs traditionnels albanais. Pour son récital, très personnalisé, la soprano Inva Mula et son accompagnateur au clavier, Genc Tukiçi, en toute insouciante et courageuse inégalité, ont donné à l'auditoire du bon et du moins bon...

Inva Mula, une vraie diva. Photos DR

Robe fourreau rouge vif à petite traîne, lipstick glossy carmin, cheveux sagement ramenés en chignon avec mèches rebelles sur le front, Inva Mula, sous la flaque de lumière, a tout d'une diva. Y compris le sens de la pose et des inflexions d'une voix d'airain d'une soprano colorature, contrastée, ductile, ample. Et par moments, remarquablement puissante.
Bouquet de mélodies richement garnies pour ce menu, mais un peu de bric et de broc, alliant frémissantes pages de Vincenzo Bellini, envolées lyriques romantiques de Franz Liszt, grave opus moderne de Rita Ghosn, sémillantes mélodies albanaises et coquins accents de Franz Lehár.
Ouverture plaintive d'une Juliette sans son Roméo, languissante d'amour avec Les Capulet et les Montaigu de Bellini, suivie de quatre limpides arias aux tonalités tendres et mélancoliques évoquant en un style soyeux et mélodieux les intermittences et les effusions du cœur.
Et arrive ce somptueux et attendu Casta Diva de la Norma. Ce soir-là, la lune n'a pas apparu à la grande prêtresse du temple druidique. Faut-il toujours comparer les souffles des divas, leurs interprétations, leurs prestations ? Pour ce périlleux et magnifique passage, entre longueur de souffle et précision des vocalises jusqu'au contre-ut, l'envol n'a pas eu lieu et la magie n'a pas opéré...
Entracte et réapparition de la cantatrice en robe moulante poisson noir au bustier brodé de fil d'argent et deux roses roses piquées dans le pupitre où sont posées les partitions.
Laure qui parle à Pétrarque pour ce long voyage où, par-delà la fièvre des corps, les esprits fusionnent à travers l'inspiration bouillonnante d'un Franz Liszt déjà marqué par le mysticisme et les mystères de la foi.
Pour prendre le relais, dans le même sillage de l'auteur des Sonnets, Le Sonnet XIII de Louise Labé, surnommée « La belle cordière », mis en musique par Rita Ghosn. Message d'amitié entre la cantatrice et une compositrice libanaise qu'on découvre avec plaisir. Un verbe fleuri aux confins ronsardiens pour une musique entre Duparc et Debussy avec des moments où la voix, en douceur et quelque frilosité, a des inflexions à couper le souffle.
Vivantes, pétillantes, pleines d'énergie et de soleil sont les Cinq mélodies traditionnelles albanaises que la soprane chante avec cœur, dynamisme et émotion, remuant en force chez elle une corde patriotique. Notamment ce charmant Pouf, pouf, pouf, onomatopée pour parler d'une femme des champs toujours amoureuse de son gentil mari.
Après ce bain revigorant de notes et de ritournelles sentant bon les paysages de l'Albanie, Genc Tukiçi a offert deux « paraphrases » pour piano. La première sur un thème de la Traviata de Verdi (à la première partie du programme) et la seconde est une inspiration très libre et « orientalisante » du Danube bleu de Strauss. Deux opus de son cru, curieusement salonnards, très démonstratifs, tapageurs, et bourrés d'arpèges et de chromatismes ampoulés.
Et pour conclure, rien ne vaut le petit champagne, délectable nectar des joyeuses opérettes de Franz Lehár et de ses veuves qui ont jeté aux orties leurs voilettes de deuil et de triste figure.
Alors, en toute gloutonnerie, on saute sur cet air de Giuditta qui parle de ses baisers voluptueux. Et que Inva Mula, en une lyrique chatterie, chante en toute ingénuité et délicieuse coquetterie.
Salve d'applaudissements pour une cantatrice qui ose en toute assurance, entrain et désinvolture triompher plus avec un Pouf, pouf, pouf (et c'est son bis !) qu'avec Casta Diva...
Robe fourreau rouge vif à petite traîne, lipstick glossy carmin, cheveux sagement ramenés en chignon avec mèches rebelles sur le front, Inva Mula, sous la flaque de lumière, a tout d'une diva. Y compris le sens de la pose et des inflexions d'une voix d'airain d'une soprano colorature, contrastée, ductile, ample. Et par moments, remarquablement puissante.Bouquet de mélodies richement garnies pour ce menu, mais un peu de bric et de broc, alliant frémissantes pages de Vincenzo Bellini, envolées lyriques romantiques de Franz Liszt, grave opus moderne de Rita Ghosn, sémillantes mélodies albanaises et coquins accents de Franz Lehár.Ouverture plaintive d'une Juliette sans son Roméo, languissante d'amour avec Les Capulet et les Montaigu de Bellini, suivie de quatre limpides arias aux tonalités tendres et mélancoliques évoquant en...
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