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Nos lecteurs ont la parole

« Nourris le corbeau, il te crèvera les yeux » *

Éliane ZEENNY-KHAYAT
Un homme plus qu'admirable avait écrit : « Déjà comme nous sommes, nous n'avons plus le choix qu'entre la fraternité et la mort (...). Ce pays grandirait si chacun de ses fils comprenait qu'il doit quelque chose à la collectivité (...). Ce sont les hommes qu'il faut reformer, en ce sens que c'est une éducation politique qu'il leur faut, cela demandera du temps (...). Les censeurs de la vie publique dénoncent des abus dont ils sont secrètement les bénéficiaires et accablent de leurs sarcasmes la loi (...). La confusion au Liban persiste, même chez des personnes très cultivées, entre régime présidentiel et régime personnel (...). Pour nous reformer, commençons par renoncer à la confession en faveur du mérite à l'intérieur de l'administration, cela parait tellement naturel (...). Que le Libanais aplati par la servilité se ressaisisse et se tienne debout ... »
Michel Chiha, en... 1926 !
Rien appris. Rien. Les mêmes mises en scène. La noyade dans l'illusion. Cécité absolue. Déni de la nation. Déni du peuple. Ivresse du pouvoir. Administratif pitoyable. Administrations sales. Corruption, avec un grand C. Dessous de table. Dessus égocentrique. Vociférations. En mal de clientèle politique. Œillères en cuir véritable. Nombril magnifié. Index mécaniques. Susceptibilité machiavélique. Armoires à glace rutilantes. Écume baveuse.
Un autre illustre grand homme disait : « Regardez et méditez ! La peur a rendu vos cheveux gris comme la cendre, la débauche a grandi dans vos yeux qu'elle a changés en orbites assombris, la lâcheté a effleuré vos joues (...). La mort a embrassé vos lèvres et les a laissées jaunes comme les feuilles d'automne (...). L'hypocrisie est votre religion, la fausseté est votre vie et le néant votre fin (...). J'ai eu pitié de vos faiblesses, mais ma pitié n'a fait que l'accroître. Et aujourd'hui, je vois votre infirmité que mon âme craint (...). J'ai crié contre votre humiliation et votre soumission et mes larmes ont coulé... »
Gibran Khalil Gibran ,... 1920.
Larmes de printemps. Printemps de la liberté. Place de l'espoir. Fleur au fusil - Eh yallah ! Cierges multipliés. Doigts entrecroisés.
Carla, François, Nabil, Ali, Fabienne, Fadi, Joseph, Tania, Mona, Faten, Élias, Youhanna et moi. Et des dizaines, et des centaines, et des milliers. Eh yallah ! Madam badda Souriya barra ! Le monde entier, souffle retenu. Et puis, rien. Rien. Rien appris. Rien retenu. Viol collectif. Abus moral. Mollesse nationale. Marchands du temple. Retour au point mort. Temps morts. Envies de meurtre. Nausées convulsives. Générations Prozac, Zoloft, Lexotanyl, Fibromyalgie, tumeurs, lassitude. Sape continue. Imbécilités dociles. Eh yallah ! Six bougies, six siècles...
J'ai soif comme vous de raison, j'ai faim comme vous de stabilité , j'ai une envie folle de paix intérieure, je donnerais tout (ce qui me reste) pour cueillir les fruits de ma patience et les partager avec vous, ils sont là, à portée de main, il me faut juste une échelle solide.
Mais le scepticisme m'envahit, comme d'habitude. Quoi ? On fait quoi ? On reste cois ?

Éliane ZEENNY-KHAYAT
*Proverbe espagnol
Un homme plus qu'admirable avait écrit : « Déjà comme nous sommes, nous n'avons plus le choix qu'entre la fraternité et la mort (...). Ce pays grandirait si chacun de ses fils comprenait qu'il doit quelque chose à la collectivité (...). Ce sont les hommes qu'il faut reformer, en ce sens que c'est une éducation politique qu'il leur faut, cela demandera du temps (...). Les censeurs de la vie publique dénoncent des abus dont ils sont secrètement les bénéficiaires et accablent de leurs sarcasmes la loi (...). La confusion au Liban persiste, même chez des personnes très cultivées, entre régime présidentiel et régime personnel (...). Pour nous reformer, commençons par renoncer à la confession en faveur du mérite à l'intérieur de l'administration, cela parait tellement naturel (...). Que le Libanais aplati par la...
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