Rachel McAdams donnant la réplique à Harrison Ford. (DR)
Morning Glory,
de Roger Michell
Avec Rachel McAdams, Diane Keaton et Harrison Ford.
Lorsque Becky Fuller, jeune productrice de TV, dynamique et jolie, décide de reprendre une émission du petit écran, intitulée Day Break, pour la rafraîchir et lui donner du tonus, elle va devoir affronter plusieurs problèmes d'ordre professionnel. Le présentateur Mike Pomeroy, qu'elle a engagé pour tenir le haut de l'affiche avec l'animatrice Colleen Peck, est plutôt du style bougon. Il ne supporte pas animer ce genre d'émissions après avoir longtemps été associé au JT et à de grands événements politiques. Pour lui, présenter des recettes culinaires et parler de problèmes féminins ne sont pas de son « standing ». Il fera donc tout pour saboter cette émission, soit par sa mauvaise humeur, soit par son manque d'entrain, et Becky se retrouvera au pied du mur. Day Break pourra-t-elle survivre ? Réussira-t-elle à concurrencer d'autres émissions ?
Ce film est sans aucun doute un des films américains les plus drôles qu'on ait vus depuis longtemps, le dernier étant Something's Gotta Give, qui remonte à 2003. Il faut rappeler que dans ce dernier, la présence de Diane Keaton, actrice survoltée, faisait aussi la différence. Mais se rappeler également que la comédie a été écrite par Aline Brosh McKenna (The Devil Wears Prada), dont le style enlevé et la répartie légère n'alourdissent jamais le rythme, mais le rendent rapide. La distribution est aussi impeccable. De Harrison Ford, qui a su adhérer à ce rôle de composition de professionnel vieillissant et bougon, à Diane Keaton, qu'on aime toujours, en passant par Rachel McAdams, pétillante et enjouée. L'œuvre est une illustration réaliste de ce qui se passe sur les plateaux de TV et derrière les coulisses. Une comédie très amusante, à recommander sans hésiter.
Empire Galaxy,
Espace, Planète Abraj
L'arme à l'œil,
de Youmna Itani
Avec Omar Thalgé et Ihab Mohammad.
Issu d'un milieu pauvre et victime de violence domestique, Ibrahim, dix-sept ans, va vite être happé par un cycle d'horreur. D'autre part, Sniffeur, un jeune homme de dix-huit ans, est aussi en proie aux mêmes tourments. Il a besoin de voler pour assouvir ses besoins de drogue. Il va devoir s'opposer un jour à Ibrahim pour lui soutirer une somme modique, mais Ibrahim n'est pas homme à se laisser faire et la confrontation entre les deux jeunes gens a lieu, menant à une fin tragique.
Ce court-métrage de trente minutes, signé Youmna Itani, nous plonge dans le milieu très défavorisé du quartier de Bab el-Tebbaneh (Tripoli) où la pauvreté, la drogue et l'esprit de gangs règnent en maître. C'est un grand défi qu'a relevé Youmna Itani qui, avec une formation d'études littéraires, a été propulsée dans le milieu cinématographique. En compagnie de ce groupe d'amateurs, qui sont loin d'être des acteurs, mais qui témoignent certainement du milieu dans lequel ils vivent, elle présente L'arme à l'œil, un film réaliste, poignant et même dérangeant. Mais faut-il ne pas montrer cette face de la jeunesse libanaise, cette délinquance qui sévit dans les milieux pauvres, pour ne pas choquer le public ? C'est ce que semble dire Youmna Itani, qui brosse un tableau sombre mais sincère de cette jeunesse perdue tout en montrant combien sa vie est un gâchis. « La découverte du journal intime de l'un de ces jeunes, écrit en taule, m'a permis de toucher du doigt le drame qu'ils vivent. Les pages de ce cahier livraient sans pudeur sa douleur et sa colère... Ces garçons que l'on qualifiait de voyous n'étaient pour moi que des laissés-pour-compte... »
La caméra de Youmna Itani ne fait pas de concessions. Tout comme Ken Loach, ce réalisateur du réalisme (qu'elle admire), ses personnages ne sont pas des héros, mais des gens ordinaires. Elle traque les montagnes de ferraille et de détritus, et les représente comme un monde futuriste d'ailleurs (mais si proche de nous). Elle capte la misère des gens et traduit le désarroi de ces jeunes dans leur cadre naturel et leurs occupations. Si ses acteurs sont des amateurs, ils parviennent néanmoins à rendre justice aux textes et à reproduire une image plus que vraie. C'est également grâce à la lumière, « triste et voilée », signée Maxime Héraud, et à la direction artistique de Youmna Itani que les corps et les visages retrouvent toute leur symbolique et engendrent des émotions multiples.
La cinéaste avoue avoir fait ce film pour raconter les blessures et le mal-être des adolescents de Bab el-Tebbaneh. Un tournage qui ne s'est pas fait sans difficultés (un des jeunes gens de la scène de fin a été tué lors d'un accrochage avec l'armée, un autre croupit en taule de nouveau). Enfin, le tournage a été interrompu durant trois jours à cause des événements dans ce quartier. Mais Youmna Itani a tenu bon. La réalisation de ce film a été rendue possible grâce à Darkside Film et TV Production, dont la productrice déléguée est Nada Tarraf, ainsi qu'à l'Arab Film Foundation.
Lorsque Becky Fuller, jeune productrice de TV, dynamique et jolie, décide de reprendre une émission du petit écran, intitulée Day Break, pour la rafraîchir et lui donner du tonus, elle va devoir affronter plusieurs problèmes d'ordre professionnel. Le présentateur Mike Pomeroy, qu'elle a engagé pour tenir le haut de l'affiche avec l'animatrice Colleen Peck, est plutôt du style bougon. Il ne supporte pas animer ce genre d'émissions après avoir longtemps été associé au JT et à de grands événements politiques. Pour lui, présenter des recettes culinaires et parler de problèmes féminins ne sont pas de son « standing ». Il fera donc tout pour saboter cette émission, soit par sa mauvaise humeur, soit par son manque d'entrain, et Becky se...

