Deux problèmes doivent être pris à notre avis en considération. Le premier c'est de garder les acquis de la révolution du Cèdre : la liberté, la souveraineté du pays et la démocratie. Le second c'est d'éviter d'affaiblir la Résistance.
Or la révolution du Cèdre n'a pas tout à fait atteint ses objectifs.
En effet, tant qu'Israël continue d'occuper des territoires libanais, de violer son espace aérien, etc., le Liban n'a toujours pas recouvrér sa souveraineté. C'est pour cette raison que tout affaiblissement de la Résistance, venant de n'importe quelle institution (libanaise, internationale et même du TSL), affaiblira ipso facto le Liban face à Israël.
D'un autre côté, tout retour à une situation d'avant la révolution du Cèdre nous ramènera à une dépendance vis-à-vis de la Syrie.
Il est évident que le Premier ministre Saad Hariri est celui qui est le mieux placé, à l'heure actuelle, pour pouvoir réaliser cette gageure en définissant dans son prochain gouvernement, s'il est désigné, par priorité les objectifs suivants :
1) Retarder la publication de l'acte d'accusation du TSL jusqu'au retrait définitif d'Israël du territoire libanais (Chebaa, Ghajar, espace aérien...).
2) Dès lors que cet objectif est atteint, le territoire étant libéré de toutes les agressions, des Israéliens, les Libanais pourront sereinement connaître les conclusions du TSL. S'il s'avère alors que certains membres de Hezbollah sont les responsables de l'assassinat du président Rafic Hariri, il faut que ce dernier (le Hezbollah) ait le courage de se dissocier de ceux-ci (voir l'article de Samir Frangié paru le 15/10/2010 dans L'Orient-Le Jour).
3) Les participants au dialogue national se pencheront alors sur les problèmes cruciaux, dont la solution sera l'instauration définitive d'un État libre, souverain et démocratique.
Parmi ces solutions, on peut préconiser :
- l'intégration de la Résistance dans l'armée libanaise en formant des unités communes à la frontière avec Israël ;
- le retrait des armes présentes dans les camps palestiniens ;
- la demande de libération des prisonniers libanais en Syrie et le tracé des frontières ;
- les problèmes de corruption ;
- l'établissement du mariage civil ;
- la laïcité de l'État (chaque communauté étant libre de pratiquer sa religion comme elle l'entend sans interférer dans la gestion de l'État (exemple la France) ;
- le vote des Libanais vivant à l'étranger pour les législatives et la présidentielle.
Vœux pieux ? Peut-être pas, il suffit d'avoir le courage et la clairvoyance d'éviter que le Liban reste le jouet de la confrontation géopolitique et géostratégique entre les États-Unis et Israël d'un côté et l'Iran de l'autre, et de s'éviter ainsi une nouvelle guerre civile.


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