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Culture

Rani Naamani, un talent qui explose au-delà des frontières

Portrait Son avenir, il l'avait déjà tracé dès l'âge de 6 ans. À l'âge où les autres enfants jouaient, lui dessinait, créait, façonnait des personnages avec de la pâte à modeler et les faisait vivre dans son petit monde imaginaire. Ce petit bonhomme ne rêvait que d'une chose : rentrer dans le monde magique du cinéma.
14/01/2011
Quinze ans plus tard, il se trouve dans l'une des plus prestigieuses sociétés américaines de films d'animation, «Dreamwork». À 21 ans, il réalisait enfin son rêve!
Lorsqu'il décide en 2004 de quitter le Liban après une année de Graphics Design à l'AUB, Rani savait très bien ce qu'il faisait. Il avait choisi la plus importante université de films d'animation en 3D au Canada, la «Vancouver Film School», pour être sûr «d'être lancé plus tard et d'être connu». Car ce jeune homme à l'ambition débordante a un rêve en tête. Il veut y arriver, et vite! Il entreprend en une année un diplôme en animation de court-métrage, brûle les étapes, bouscule le temps, ne dort plus les nuits et travaille comme un fou. Du talent, il en a beaucoup! Mais c'est surtout son ambition et son désir d'aller loin qui lui donnent des ailes et l'aident à surmonter toutes les difficultés.
En fin d'année, les étudiants doivent présenter un film dans le cadre de leur projet de diplôme. Ils ne sont plus que dix. Les autres ont abandonné en cours de route. Il décide de créer le personnage de deux robots sympathiques aux pièces défaillantes. Son film, il l'appellera Defective. Il invente la musique, les effets sonores, anime ses personnages et gagne, à sa grande surprise, le prix du Meilleur film de l'Université de Vancouver. Lorsque, plus tard, il reçoit le premier prix du Meilleur court-métrage animé du prestigieux concours Canadien «Electronic Arts», Rani sait qu'il a gagné son pari. À 21 ans, il était un des rares Libanais à entrer de plain-pied dans le monde magique du cinéma.

Une ascension fulgurante
Commence alors son ascension dans un monde qu'il était loin d'imaginer conquérir aussi rapidement. Et comme une porte de Sésame qui s'ouvre devant lui, le succès de ce film dépasse les frontières et s'en va percer les plus grands concours internationaux: Seoul International Cartoon & Animation Festival en 2005, The San Diego International Children's Film Festival. En 2006, il est nominé au Leo Awards Film Festival, meilleur directeur et réalisateur de programme dans la catégorie étudiants. Même la bande sonore de son film remporte un prix et passe sur les ondes de la MTV Music Television. «Ce qui est drôle, affirme-t-il en riant, c'est que toutes les universités où j'avais étudié se disputaient mon succès. Chacune pensait que c'était grâce à ce qu'elle m'avait donné que j'en étais arrivé là.» Et pourtant, il sait que c'est son talent et sa persévérance qui l'on porté aussi loin. Il grimpe les échelons à coups de nuits blanches, de travail et de fatigue. Il entre dans le monde des grandes sociétés de films américains: Mainframe Entertainement où il participe à l'animation du film The AntBully. Il est happé par la société DNA Productions au Texas six mois plus tard et travaille aux côtés des plus grands réalisateurs de films en 3D comme Shrek The Third et Madagascar 2. Et il intègre l'une des plus grandes sociétés de production de films américains, Dreamwork production, «mon rêve de toujours». Et il y arrive !
À 21 ans, son nom s'inscrit en haut des affiches. Il en tire une grande fierté, mais subit les conséquences de son jeune âge et du «fait d'être arabe». «Il faut batailler dur pour accepter certaines choses et survivre dans ces grandes sociétés», dit-il amèrement. Mais Rani Naamani ne baisse pas les bras et fonce, poursuit sa voie et décroche encore plus de postes de premier plan.
Son rêve aujourd'hui? «Revenir un jour au Liban afin d'enseigner dans de grandes universités pour transmettre à ses jeunes toute l'expérience, le savoir et les connaissances que j'ai acquis pendant ces longues années d'expérience.»

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