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Nos lecteurs ont la parole

À propos des « Mémoires d’un albanosaure » de Melhem Moubarak

Jacques EL-HAKIM
Un grand merci à L'Orient-Le Jour pour avoir signalé à ses lecteurs la parution d'un ouvrage aussi intéressant (Mémoires d'un albanosaure de M. Melhem Moubarak*, NDLR).
J'en profite pour formuler à ce sujet quelques observations qui, je l'espère, pourraient être utiles.
1. Ayant aiguisé notre appétit, cet ouvrage, qui se termine en 1991, nous laisse sur notre faim, car les lecteurs aimeraient connaître l'épilogue de la remarquable évolution décrite par l'auteur. Il serait heureux que lui-même ou un autre kamikaze puisse raconter, dans un autre ouvrage, ce qu'il en est de l'Albanie à l'époque actuelle où elle tente d'intégrer l'Union européenne.
2. Il serait également souhaitable qu'à l'occasion d'une prochaine réédition, un index alphabétique puisse énumérer les noms propres de lieux et de personnages qui figurent dans le texte.
3. Il serait également souhaitable que, dans les pages 71 à 73 relatives à « Vaso pacha », ( « Wassa » en arabe ou en turc), on mentionne l'incident qui a marqué ses funérailles à Hazmieh. Le gendre du gouverneur, Kupélian effendi, époux de Marie, fille de ce dernier, avait répandu au Mont-Liban non seulement « les prébendes et les trafics d'influence », soulignés par l'auteur, mais surtout une corruption intolérable, dont avait été victime un illustre poète, Tamer Mallat, injustement incarcéré et bientôt réhabilité par la justice. Ce denier, ulcéré par les éloges immérités proférés par quelques orateurs, avait alors gravi une des tombes et avait déclamé les deux vers suivants d'une audace aussi féroce que méritée :
« Wassa est mort, a-t-on dit, et a été enseveli. J'ai alors répliqué, connaissant la réalité du personnage : "Faites sonner les pièces (de monnaie) sur sa sépulture, et je vous garantis qu'il reviendra à la vie. " L'orateur s'était alors éclipsé dans le brouhaha qui avait suivi, mais Dia bey, vice-gouverneur (wali) de Beyrouth, qui présidait la cérémonie, avait vite rapporté l'ordre de poursuites pénales qu'il avait d'abord déclenchées contre le poète, lorsqu'il eut appris l'injustice dont il avait été victime du vivant du gouverneur (Cf. Youssef Hakim, Beyrouth et le Liban à l'époque ottomane, Dar-an-Nahar, 1991, p.21). Mon éminent confrère, maître Nabil Younès, m'a aussi rapporté qu'à la suite des accusations formulées contre Kupélian aux autorité ottomanes, ce dernier aurait répliqué : « Il vaudrait mieux ne pas y donner suite » car les auteurs de ces prévarications sont actuellement repus, alors que leur « remplacement donnerait lieu à de nouvelles infractions ».
J'ai tenu à vous faire part de ces quelques réflexions et vous félicite encore de faire revivre dans vos colonnes l'histoire, malheureusement d'une douloureuse actualité, de notre cher Liban.

Jacques EL-HAKIM

* La présentation de l'ouvrage, sous la signature de Zéna Zalzal, a paru dans « L'Orient-Le Jour » le 2 décembre 2010.

Un grand merci à L'Orient-Le Jour pour avoir signalé à ses lecteurs la parution d'un ouvrage aussi intéressant (Mémoires d'un albanosaure de M. Melhem Moubarak*, NDLR). J'en profite pour formuler à ce sujet quelques observations qui, je l'espère, pourraient être utiles.1. Ayant aiguisé notre appétit, cet ouvrage, qui se termine en 1991, nous laisse sur notre faim, car les lecteurs aimeraient connaître l'épilogue de la remarquable évolution décrite par l'auteur. Il serait heureux que lui-même ou un autre kamikaze puisse raconter, dans un autre ouvrage, ce qu'il en est de l'Albanie à l'époque actuelle où elle tente d'intégrer l'Union européenne. 2. Il serait également souhaitable qu'à l'occasion d'une prochaine réédition, un index alphabétique puisse énumérer les noms propres de lieux et de personnages qui...
commentaires (1)

Il faut signaler à ce propos le rarissime ouvrage de Georges Berthaud et Habib Farès : Les Mystères du Liban, sous Wassa Pacha et Kupélian, paru au Caire en 1891, dans lequel les auteurs dénoncent la corruption qui infectait le Liban. Dans les deux dernières pages, les auteurs adressent une lettre incendiaire au Gouverneur du Liban, Wassa Pacha, rappelant sa tyrannie, ses injustices, son inhumanité. Raymond Melki

MELKI Raymond

19 h 38, le 02 janvier 2026

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Commentaires (1)

  • Il faut signaler à ce propos le rarissime ouvrage de Georges Berthaud et Habib Farès : Les Mystères du Liban, sous Wassa Pacha et Kupélian, paru au Caire en 1891, dans lequel les auteurs dénoncent la corruption qui infectait le Liban. Dans les deux dernières pages, les auteurs adressent une lettre incendiaire au Gouverneur du Liban, Wassa Pacha, rappelant sa tyrannie, ses injustices, son inhumanité. Raymond Melki

    MELKI Raymond

    19 h 38, le 02 janvier 2026

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