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Nos lecteurs ont la parole - Réponse Au Ministre De La Culture

Sauvez le théâtre Inja et l’hôtel Royal, oui, mais les restaurer aussi

Joumana CHAHAL TADMOURY

Monsieur le Ministre,
Suite à vos dernières déclarations concernant la campagne de protestation contre l'autorisation de démolition de deux bâtiments historiques de Tripoli, le théâtre Inja et l'hôtel Royal, permettez-moi de porter à votre attention les précisions qui suivent  
La réaction de la société civile de Tripoli et des associations qui travaillent pour la sauvegarde du patrimoine de la ville à  la décision de votre ministère, n'avait rien de personnel. La politique n'entre pas là en ligne de compte. Nous savons à quel point vous êtes attaché à la culture et combien vous  faites de  la défense du patrimoine votre cheval de bataille. Je suis de près vos actions et suis au courant de tout ce que vous faites pour sauvegarder les anciennes maisons de Beyrouth.
Vous dites dans votre communiqué de presse du 6 octobre que vous n'avez jamais donné votre aval à la destruction de ces deux bâtiments et que  vous veillerez à ce que les façades du théâtre soient reconstruites à l'identique. Je crois que vous n'avez pas toutes les données en main quant au projet prévu par les propriétaires pour ces bâtiments. Vous dites d'ailleurs que l'activité qui sera exercée à l'intérieur du bâtiment n'est pas de votre ressort. Est-il raisonnable de laisser un monument de cette valeur aux mains de ceux qui l'ont détruit une première fois? A-t-on le droit de laisser un bâtiment comme celui du Dar el- Opéra - figurant sur la liste des monuments historiques -  se transformer en un centre commercial, assuré d'avoir sauvé sa façade extérieure? Comment peut-on laisser faire une excavation, en vue d' un parking souterrain qui menacerait à coup sûr les murs du la bâtisse ?
Pour toutes ces raisons, et bien d'autres raison d'ordre émotionnel et identitaire, j'attire votre attention sur le fait que ce que nous demandons, ce n'est pas seulement la préservation de la façade, mais la restauration et la réhabilitation pure et simple des ces deux bâtiments à l'instar de ce qui a été fait pour le Fénice de Venise, La Scala de Milan ou tout simplement le centre-ville de Beyrouth, qui est le dernier exemple en date de restauration. Nous voulons qu'un audit soit nommé pour expertiser et statuer sur la faisabilité ou non de la restauration des deux bâtiments cités. Nous osons espérer que la ville de Tripoli puisse bénéficier à son tour d'un minimum d'égard pour le patrimoine culturel qu'elle lègue au Liban. Nous voudrions que le Théatro retrouve ce qu'il a perdu pendant des décennies, à savoir son rôle culturel de Dar d'Opéra accueillant des concerts, des opéras et du théâtre. Vous savez comme moi que notre ville manque cruellement d'espaces de culture pouvant rassembler les gens et leur permettre de retrouver, ne serait-ce que le temps d'une représentation, un moment de loisir et de sérénité. Vous n'êtes pas sans mesurer le degré de décadence intellectuelle qui sévit de nos jours, au Liban, et en particulier à Tripoli.N'oubliez pas que Tripoli est la capitale du Liban-nord et qu'en tant que telle, elle doit absolument jouer à nouveau ce rôle de pôle de culture qu'elle assumait avant la guerre à travers ses innombrables et très célèbres salles de spectacle -  qui n'existent plus depuis. La simple lecture de la presse de ces derniers jours atteste de l'engouement des Tripolitains pour ce théâtre et pour tous les autres théâtres d'ailleurs. Saurait-on les écouter?
Je suis consciente, Monsieur le Ministre, que les moyens financiers de votre département ne sont pas suffisants pour permettre la réhabilitation. La société civile et les associations pourront aider à lancer une campagne de levée de fonds et un montage financier  pour permettre la restauration de ces édifices. Les bonnes volontés ne manquent pas dans la ville, et à l'étranger.
Nous vous demandons juste de suspendre votre autorisation, le temps qu'une étude sérieuse, confiée à un organisme sérieux, soit faite autour de ces deux bâtiments, afin de savoir s'ils peuvent être réhabilités.  Si l'audit prouve le contraire, nous serons prêts à nous soumettre à votre décision.

Joumana CHAHAL TADMOURY
Présidente Association française
pour la sauvegarde du patrimoine de Tripolis

 

Monsieur le Ministre,Suite à vos dernières déclarations concernant la campagne de protestation contre l'autorisation de démolition de deux bâtiments historiques de Tripoli, le théâtre Inja et l'hôtel Royal, permettez-moi de porter à votre attention les précisions qui suivent  La réaction de la société civile de Tripoli et des associations qui travaillent pour la sauvegarde du patrimoine de la ville à  la décision de votre ministère, n'avait rien de personnel. La politique n'entre pas là en ligne de compte. Nous savons à quel point vous êtes attaché à la culture et combien vous  faites de  la défense du patrimoine votre cheval de bataille. Je suis de près vos...
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