Elle est belle la peau humaine. La douce, la rugueuse, la souple, la lisse, la ridée, la jeune et la vieillissante. Elle parle, la peau, raconte des histoires, des histoires d'hommes, de pays et de sociétés changeantes (The Red Violin, François Girard, 1998). Elle est un livre ouvert, la peau. Les poètes s'en servent comme table d'écriture, la maculant de calligraphies et écrivant dessus des poèmes d'amour (The Pillow Book, Peter Greenaway, 1997) ou l'estampillant de tatouages, de signes (Eastern Promises, David Cronenberg, 2007) et parfois en la perçant et la triturant. Elle est aussi créatrice, la peau. Quand une peau rencontre une autre peau, la frôle, la caresse, elles en forment une troisième. Peau douce ou Peau d'âne, cette texture humaine qui respire de tous ses pores, de toutes ses rides et ridules est belle dans tous ses états. « La femme qui est dans mon lit n'a plus vingt ans depuis longtemps [...], son corps, ses mains s'offrent aux miens, et c'est son cœur couvert de pleurs qui me rassure » chantait Reggiani. C'est cette peau qui emmagasine toutes les émotions, les blessures, les filtrant et les distillant à travers cette enveloppe charnelle. C'est elle qui se tend et se distend pour porter un enfant ou le poids des années. C'est elle qui se grime, se maquille, se masque, mais finit toujours par démasquer les affres du temps. C'est elle qui se modifie avec les jours tout en se bonifiant ou en se desséchant tel un tronc d'arbre usé. Et tel cet arbre, pour survivre, la peau a besoin d'être arrosée. Arrosée d'amour. Dans The Fountain, de la peau pousseront feuilles et fleurs, symbole de printemps et de renaissance. Et qu'importe si le passage du temps fait ses ravages, la peau, soignée par de bons sentiments, est toujours belle car vivante. Qu'est-ce qu'être bien dans sa peau ? C'est ne pas tricher avec elle, ne pas la tromper. Ne pas se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre, mais avoir la mémoire dans la peau. C'est surtout ne pas la réduire à une peau de chagrin.
Elle est belle la peau humaine. La douce, la rugueuse, la souple, la lisse, la ridée, la jeune et la vieillissante. Elle parle, la peau, raconte des histoires, des histoires d'hommes, de pays et de sociétés changeantes (The Red Violin, François Girard, 1998). Elle est un livre ouvert, la peau. Les poètes s'en servent comme table d'écriture, la maculant de calligraphies et écrivant dessus des poèmes d'amour (The Pillow Book, Peter Greenaway, 1997) ou l'estampillant de tatouages, de signes (Eastern Promises, David Cronenberg, 2007) et parfois en la perçant et la triturant. Elle est aussi créatrice, la peau. Quand une peau rencontre une autre peau, la frôle, la caresse, elles en forment une troisième.Peau douce ou Peau d'âne, cette texture humaine qui...
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