Dans le sillage de l’iPhone, nombre de constructeurs se sont lancés dans les téléphones « intelligents ».
Cet étui, jouant le rôle d'isolant sur la bordure métallique de l'appareil pour éviter de perturber le fonctionnement de l'antenne qui y est logée, sera offert gratuitement à tous les acheteurs de l'appareil jusqu'à la fin septembre. Ceux qui l'ont déjà acheté seront remboursés. Cela représente une économie d'une trentaine de dollars pour des consommateurs ayant acheté l'appareil de 200 à 300 dollars - sans compter un coûteux forfait
téléphonique.
Pour Apple, c'est une dépense qui devrait être «insignifiante», selon l'analyste Abhey Lambha, de la société International Strategy Group: elle la chiffre au pire à 50 millions de dollars au total.
Mais concrètement, cette coque en plastique a pour effet de banaliser l'apparence de l'iPhone 4, alors le groupe à la pomme croquée avait semblé vouloir singulariser un appareil novateur (écran le meilleur de sa catégorie, caméra frontale, etc.) en lui donnant une apparence plus plate et anguleuse qu'à ses prédécesseurs.
Pour Mme Lambha, une réaction d'Apple était indispensable: «Ne rien faire n'est plus une option», a-t-elle noté.
La controverse sur l'iPhone 4, qui avait débuté dès son lancement le 24 juin, avait soudain dépassé le microcosme des technophiles le 12 juin lorsque l'influent magazine de défense des consommateurs Consumer Reports avait déconseillé l'achat de l'appareil.
Signe de l'importance accordée par Apple à l'affaire, le PDG d'Apple, Steve Jobs, a interrompu ses vacances à Hawaï pour monter sur scène dans un auditorium du siège de la société à Cupertino (Californie, ouest) et détailler les qualités de l'appareil, la quatrième génération d'un téléphone multifonctions qui en trois ans a bouleversé le marché des portables.
C'est à contrecœur que M. Jobs semble s'être décidé à offrir une solution: il a réaffirmé que l'iPhone 4 était doté de «l'antenne la plus avancée jamais vue sur un téléphone multifonctions».
«Beaucoup de gens nous ont dit que l'étui supprimait le problème de puissance du signal. OK, super, donnons un étui à tout le monde», a-t-il dit.
Alors qu'il assurait qu'Apple ne pensait qu'à satisfaire ses clients, ce n'est qu'en réponse à une question que M. Jobs a fini par lâcher qu'il était «profondément désolé» pour ce problème.
Au total, les analystes minimisent l'impact de l'affaire sur les perspectives d'Apple. «Il y a toujours des risques quand une société pousse à fond sur le design et la technologie», relevait l'analyste Charles Smulders, du cabinet de marketing Garner, et «Apple pousse très fort sur les deux fronts».
Mike McGuire, du même cabinet, jugeait que les consommateurs n'avaient plus grand-chose à reprocher à Apple: «On m'explique comment ça va être résolu et si je ne suis toujours pas content je peux me faire rembourser.»
Les analystes financiers étaient satisfaits - d'ailleurs aucun n'avait jugé bon de dégrader sa recommandation sur le titre, même si l'action Apple avait baissé de plus de 6% depuis la sortie de l'iPhone 4, après avoir battu tous ses records avec le succès de la tablette iPad.
L'annonce par Steve Jobs que plus de trois millions d'iPhone 4 ont été vendus en trois semaines ne pousse pas au pessimisme. Mme Lamba a indiqué qu'elle tablait désormais sur 37 millions d'iPhones vendus d'ici à la fin septembre et 44 millions durant l'exercice fiscal suivant.
Apple a confirmé par ailleurs que la version blanche de l'iPhone 4, retardée pour des raisons jamais expliquées, sinon qu'elle serait plus difficile à produire que l'appareil noir, sortirait fin juillet.


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