Le quartier assyrien de Sed el-Bauchrieh a été construit durant les années trente, les membres de la communauté commençaient déjà à quitter massivement l’Irak.
Depuis qu'il est au Liban, Fady a fait plusieurs métiers. Certains membres de sa famille l'ont également suivi au quartier assyrien de Sed el-Bauchrieh.
Lui-même a rencontré une jeune fille assyrienne au Liban. Quand il avait fait sa connaissance, elle n'avait pas de papiers et venait de fuir l'Irak avec sa famille. Aujourd'hui, l'épouse de Fady a reçu sa carte de réfugiée délivrée par le HCR de l'ONU et sa famille est déjà aux États-Unis. Elle est restée au Liban avec son mari et ils ont eu des enfants qui vivent dans le pays avec des cartes de réfugiés irakiens. Comme sa femme n'avait pas de papiers lorsqu'il l'avait épousée, le jeune homme qui s'était marié à l'église au Liban n'a pas pu enregistrer son mariage en Syrie.
Fady voudrait bien pouvoir partir avec son épouse aux États-Unis. Mais son vrai rêve est de rester au Liban sans plus jamais rentrer en Syrie, et cela même si en 2005, les Syriens de la communauté assyrienne travaillant au Liban depuis des années ont eu quelques difficultés après le départ des troupes syriennes.
Il sait cependant que jamais la nationalité libanaise ne lui sera accordée. « Si j'avais la nationalité libanaise, rien ne me ferait quitter le Liban. Ici, le président de la République est chrétien et nous vivons en sécurité, libres et dignement dans un milieu chrétien », explique-t-il. « Dans peu de temps, en Irak et en Syrie, il n'y aura plus d'assyriens. Vous savez que nos jeunes filles, âgées entre 18 et 25 ans, attendent que les garçons de la communauté établis aux États-Unis, en Europe ou en Australie viennent pour les vacances. Ces derniers les épousent et les amènent avec eux en Occident », dit-il.

