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Nos lecteurs ont la parole

Un engagement sans frontières entre quatre murs

Clara ATALLAH
De retour au Liban depuis quelques jours pour des vacances, maman me « booke » pour le 18 pour une pièce de théâtre faite avec des prisonniers au Liban. Prisonniers ? Prisonnières ? Pièce de théâtre ? Je sentais que ça allait être un spectacle « social cliché » comme lorsque les Beyrouthines habillées à 10 000 dollars pensent résoudre les problèmes sociaux en organisant un brunch médiatisé dans des revues « mondaines ». Mais pour passer du temps avec elle, et étant fan d'activités culturelles, j'accepte avec plaisir...
Après un cocktail-exposition de photos (sur la pièce de théâtre montée à Roumieh et les différentes pièces réalisées dans une prison italienne depuis 22 ans déjà) où maman m'indiquait telle ou telle autre personnalité, on pénètre dans l'enceinte du théâtre de l'Unesco où commencent à discourir les personnalités introduites très sympathiquement par les prisonniers sur l'écran.
Puis le documentaire (il ne s'agissait donc pas de pièce de théâtre !) commence. Et là a commencé une très, très belle découverte qui m'a scotchée à mon fauteuil pendant 80 minutes environ. Il s'agissait des coulisses de la pièce 12 Angry Lebanese.
Pour ceux qui ne le savent pas, Zeina Daccache a travaillé à la prison de Roumieh avec des prisonniers en organisant des ateliers de théâtre en vue de leur faire faire une pièce de théâtre au bout de quelques mois ; c'est ce qu'on appelle la « drama therapy ». La pièce a été réalisée, si je ne me trompe, dans le courant de cette année.
C'est vrai que par rapport à la moyenne, je suis une personne assez engagée en général en société. Mais en regardant ce documentaire, je me suis sentie toute petite ! J'ai pensé à la dernière scène du film The Schindler's List où Schindler affirme en pleurant : « Je pouvais faire plus ! ». C'est exactement ce que j'ai pensé : je pouvais faire encore plus ! Tout le monde peut faire beaucoup plus ! C'est peut-être difficile dans un pays qui n'a pas un bon système d'assistance sociale et où il faut passer par un tas de personnes. À titre d'exemple, quand je parle autour de moi de certains projets en cours, alors que moi j'étudie à l'étranger, je suis plus au courant que les gens qui habitent au Liban. Pourquoi ? Si les gens ne sont pas aussi curieux que moi pour fouiller sur Internet ou poser la question à des gens autour d'eux, c'est que l'information n'est pas facile d'accès. Si le message n'est pas facile, les gens ne sont pas interpellés, ne sont pas au courant, ou tout simplement ne savent pas comment réagir face à ce qui est différent. Même moi - si je dois être honnête -, j'avoue que j'éprouverais a priori une petite peur à l'idée d'avoir en face de moi un criminel, une personne droguée ou même un paraplégique. On n'est simplement pas « entraînés » à rencontrer ces gens, à établir le contact avec eux, et donc ils nous font peur et on se saurait pas réagir.
Je félicite Zeina, toute son équipe et tous ceux qui ont cru en ce projet et l'ont soutenu financièrement, mais surtout moralement. Le projet est fantastique. Dans le documentaire, on lit dans les yeux des prisonniers une lueur de vie et d'espérance après les différentes apparitions sur scène. En espérant que ce projet perdure, et que d'autres initiatives aussi courageuses naissent pour résoudre d'autres problèmes sociaux (et pas seulement de la part du privé ou des ONG, mais aussi du gouvernement), et que, inchallah en un deuxième temps, il y ait davantage encore d'implication du citoyen dans différentes problématiques sociales. Il s'agit d'écarter la politique pour un moment, de penser aux basiques sociaux, de faire réagir Monsieur Tout-le-monde, le provoquer, comme ces prisonniers que Zeina provoquait souvent dans son travail.

Clara ATALLAH
De retour au Liban depuis quelques jours pour des vacances, maman me « booke » pour le 18 pour une pièce de théâtre faite avec des prisonniers au Liban. Prisonniers ? Prisonnières ? Pièce de théâtre ? Je sentais que ça allait être un spectacle « social cliché » comme lorsque les Beyrouthines habillées à 10 000 dollars pensent résoudre les problèmes sociaux en organisant un brunch médiatisé dans des revues « mondaines ». Mais pour passer du temps avec elle, et étant fan d'activités culturelles, j'accepte avec plaisir...Après un cocktail-exposition de photos (sur la pièce de théâtre montée à...
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