la seule qui convient à des hommes libres et éclairés est d'être maître chez soi et
Talleyrand
Le résultat inattendu du référendum suisse - un refus catégorique de construire de futurs minarets dans le pays le plus neutre et le plus tolérant de la planète - a secoué l'Europe tout entière, le monde musulman, mais aussi le monde entier à travers les réactions déclarées de l'ONU et du Vatican. Mais au-delà du résultat lui-même, c'est la cascade des réactions de ces élites gouvernantes en Occident, d'une part, et l'absence totale de réactions du monde musulman modéré, d'autre part, qui devraient susciter le plus de réactions et nos profondes indignations.
En qualifiant ce vote de « Vote de la honte », « une intolérance », « une réaction populiste »... les élites gouvernantes et intellectuelles européennes se sont désolidarisées de leur opinion publique. Ce rejet d'un choix démocratique signe l'abus d'une bureaucratie européenne qui s'est installée dans le confort et la facilité du « politiquement correct » afin d'occulter les débats douloureux et d'éviter le rude chemin d'un rééquilibrage social pour une intégration adéquate d'une immigration de plus en plus forte et incontrôlable.
Comment se fait-il qu'à la première secousse, toutes les valeurs que l'Europe réclame se soient réduites, aux yeux de ceux qui sont censés les protéger, à un simple calcul de profit matériel, de dépôts bancaires et d'investissements financiers arabo-musulmans que la Suisse et l'Europe risqueraient de perdre en soulevant un tel débat ? Le scandale, à mon avis, est que ce vote suisse fasse scandale au sein de cette bureaucratie gouvernante.
D'autre part, les premières réactions du monde musulman ont été menées, comme de coutume, par une minorité de fanatiques qui ne cesse de saisir les occasions pour raffermir son emprise sur l'opinion publique arabe et musulmane. On se demande alors jusqu'à quand les élites intellectuelles et religieuses de l'islam modéré continueraient-elles à rater le coup d'une réaction immédiate et réfléchie, coupant court à toute exploitation extrémiste à la suite de laquelle il serait difficile d'engager le vrai débat pour une meilleure intégration et un renouveau de l'islam en Europe. Cette Europe qui, à l'image de la France et de la Suisse, a le mérite d'avoir fait la moitié du chemin pour accueillir les flux migratoires dans une laïcité étatique neutre.
Pourquoi ne pas amplifier ces voix musulmanes libres et clairvoyantes qui émanent de certains imams et intellectuels musulmans en Europe, tel l'imam de Bordeaux qui assure que « le minaret n'est absolument pas nécessaire en France ; il est même déplacé »; tel cet autre intellectuel musulman, A. Meddeb, qui prône un islam vécu dans l'intimité de chacun tout en précisant que les mosquées ne sont pas des casernes et les minarets ne sont point des baïonnettes.
Peut-être qu'un jour l'étincelle salutaire naîtra de Beyrouth, notre chère capitale de ce pays-message que l'on chante tant dans nos discours.
Peut-être qu'un jour à Beyrouth nous pourrions freiner cette course effrénée aux décibels et retourner à ce son mystique, étouffé et lointain, des clochers de nos cathédrales et au chant mélodieux du muezzin du soir.
Ça pourrait être le début d'une réconciliation plus générale qui justifiera au Liban sa raison d'être entre un matérialisme rampant dans un Occident cupide et un fanatisme grimpant dans un Orient timide.
Dr Georges GHANEM
de n'avoir jamais la ridicule prétention de l'être chez les autres ». Talleyrand
Le résultat inattendu du référendum suisse - un refus catégorique de construire de futurs minarets dans le pays le plus neutre et le plus tolérant de la planète - a secoué l'Europe tout entière, le monde musulman, mais aussi le monde entier à travers les réactions déclarées de l'ONU et du Vatican. Mais au-delà du résultat lui-même, c'est la cascade des réactions de ces élites gouvernantes en Occident, d'une part, et...


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