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Nos lecteurs ont la parole

Lettre ouverte à Mme Frances Guy, ambassadeur du Royaume-Uni au Liban

Par Wassim HENOUD
Madame l'Ambassadeur,
Il y a quelques jours, une mission officielle britannique retrouvait et identifiait, après un quart de siècle d'attente insoutenable parfois, la dépouille du journaliste Alec Collett, disparu au Liban en 1985. Une deuxième dépouille découverte au même endroit a été rendue à la terre en attendant que quelqu'un s'intéresse à identifier à qui elle appartient et puisse ainsi la restituer à sa famille. Le hasard des choses faisait aussi que l'on identifie grâce aux examens ADN les restes du caporal martyr Johnny Nassif, que Violette, sa mère éplorée, n'a pas arrêté de chercher depuis 1990.
Vous n'êtes pas sans savoir que des milliers de gens ont été portés disparus au Liban durant la série de guerres qui ont ensanglanté cette terre et terrorisé son peuple depuis 1975. Ce lourd souvenir empêche notre pays, où vous êtes ambassadeur, de retrouver la sérénité et une conscience tranquille ; leurs spectres guettent, pour nous rappeler notre impuissance devant l'oppression du plus violent ; une oppression dont personne ne peut malheureusement garantir qu'elle ne puisse se déclencher à nouveau, à tout moment et impunément, comme d'habitude depuis cinquante ans !
La mission britannique a retrouvé et identifié les restes d'Alec Collett. Il ne faut pas que le martyre de cet homme soit réduit à une triste histoire parmi tellement d'autres qui égrènent les atrocités qui ont marqué notre époque. Je m'adresse donc à votre cœur et à votre générosité pour que vous fassiez le nécessaire afin que cette mission, personnel et matériel, reste au Liban et y coopère avec les ONG, la Croix-Rouge internationale ainsi que la représentation des Nations unies, pour nous aider à mettre en place les fondations d'une banque de données ADN et lancer finalement le gigantesque travail de fourmi requis pour retrouver et identifier les victimes occultées de la guerre.
Plusieurs fosses communes sont de notoriété publique, mais il y en a déjà eu une, bientôt deux à Beyrouth où un tribunal a récemment rendu un jugement pour la rendre accessible - le travail pourrait commencer là-bas si vous le désirez.
Permettez-moi, Madame l'Ambassadeur, de vous suggérer de baptiser cette mission, ô combien humanitaire, du nom de M. Collett, et permettre ainsi qu'en sa mémoire un travail sérieux et fiable soit effectué qui serve à panser les plaies de familles qui ont attendu des dizaines d'années, comme la sienne, pour que la vérité puisse enfin jaillir de terre. Un tel acte démontrerait encore une fois votre compassion, ainsi que la sollicitude que portent la démocratie et l'humanisme de la Grande-Bretagne envers le sort des faibles et des opprimés.
Dans le sincère espoir que vous prêterez une oreille attentive à cette demande, je vous prie d'agréer, Madame l'Ambassadeur, l'expression de ma considération distinguée.
Madame l'Ambassadeur,Il y a quelques jours, une mission officielle britannique retrouvait et identifiait, après un quart de siècle d'attente insoutenable parfois, la dépouille du journaliste Alec Collett, disparu au Liban en 1985. Une deuxième dépouille découverte au même endroit a été rendue à la terre en attendant que quelqu'un s'intéresse à identifier à qui elle appartient et puisse ainsi la restituer à sa famille. Le hasard des choses faisait aussi que l'on identifie grâce aux examens ADN les restes du caporal martyr Johnny Nassif, que Violette, sa mère éplorée, n'a pas arrêté de chercher depuis 1990.Vous n'êtes pas sans savoir que des milliers de gens ont été portés...
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