Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Hotte D'or

(Re)belle

Bien. Voilà. Je vais (mieux), donc j'écris (de nouveau). Après l'ultimatum de mon Houssam qui m'avait annoncé avec la froideur toute scientifique de ses 19 ans qu'il me quittait si je refusais de lui donner un enfant, je suis partie. Loin. Très loin. Un petit baluchon rempli du strict nécessaire (une paire de Louboutin croisière, ma dernière robe Alexis Mabille, mon vaporisateur Guerlain et un recueil de poèmes de René Char) pour m'enterrer une quinzaine de jours, sans téléphone ni ordinateur portables, dans un couvent d'ursulines sur la côte amalfitaine. Et j'ai réfléchi. Non que cette activité extrêmement insolite soit l'un de mes points forts, mais lorsque je m'y mets, je m'y mets. Faire un enfant. J'ai pris une feuille blanche A3 que j'ai divisée verticalement en deux avec un marqueur fuchsia fluorescent ; d'un côté, les pour, de l'autre, les contre. Les contre auraient pu remplir un bottin, entre mon égoïsme légendaire, mon incapacité totale à me concentrer, le fait que je sois légèrement, et j'insiste, légèrement au-dessus de l'âge limite de procréation, mon inculture absolue et définitive en matière de nouveau-nés, de bébés, d'enfants, le peu de temps dont je dispose pour m'occuper d'un troisième être vivant étant donné que ma jolie personne et mon joli Houssam squattent la majorité des 24 heures dont chacun de nous dispose, sans oublier, naturellement, je ne suis pas une autruche, le conséquent, l'imposant et le surprenant écart d'âge entre, justement, ma jolie personne et mon joli Houssam. Dans la colonne des pour, j'ai marqué : le bébé sera extraordinairement joli ou jolie. Voilà, c'est tout. Alors, j'ai compris : je ne ferai pas d'enfant. Ni avec Houssam ni avec qui que ce soit d'autre. Et il est réellement indigne de ma part de craquer, de me laisser submerger par quelque émotion superflue que ce soit. Je ne comprends pas comment j'ai pu penser ne serait-ce qu'un instant céder au chantage adolescent et musclé de Houssam. Je suis Marguerite K. Avec mes défauts, et une ou deux qualités ; je plais à qui je plais, et je suis à prendre ou à laisser. Je serai forte. Et intraitable. Et s'il me quittait, non, je ne mourrais pas. Je verserais sans doute une larme ou deux, mais je saurais me consoler. L'on saurait me consoler ; d'autres, plein d'autres Houssam me proposeraient de me shampouiner à la Veuve Clicquot, je ferais de longs voyages avec mon amie Sharon Stone, j'étudierais Léonard de Vinci dans le texte, je saurais me relever, je resterais la plus belle, miam miam.

P.-S. 1 : Une adorable lectrice m'a conseillé, pour décourager Houssam et lui enlever définitivement l'idée de paternité, de l'enfermer pendant un week-end, seul, avec la petite Gabriella, la fille de ma nièce Clara. Quelle bonne idée...

P.-S. 2 : J'ai une pensée émue pour l'exquis Alain Plisson qui a eu l'immense délicatesse de penser que je n'étais pas née à l'époque de Georges Naccache. Cet Alain-là est un gentleman. Qu'il en soit ici remercié sous des flots champagnisés.

margueritek@live.com

Bien. Voilà. Je vais (mieux), donc j'écris (de nouveau). Après l'ultimatum de mon Houssam qui m'avait annoncé avec la froideur toute scientifique de ses 19 ans qu'il me quittait si je refusais de lui donner un enfant, je suis partie. Loin. Très loin. Un petit baluchon rempli du strict nécessaire (une paire de Louboutin croisière, ma dernière robe Alexis Mabille, mon vaporisateur Guerlain et un recueil de poèmes de René Char) pour m'enterrer une quinzaine de jours, sans téléphone ni ordinateur portables, dans un couvent d'ursulines sur la côte amalfitaine. Et j'ai réfléchi. Non que cette activité extrêmement insolite soit l'un de mes points forts, mais lorsque je m'y mets, je m'y mets. Faire un enfant. J'ai pris une feuille...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut