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Économie - Micro-Trottoir

Prix des combustibles : la rue divisée

Si pour certains, faire le plein est devenu un réel cauchemar, pour d'autres, l'évolution des prix de l'essence ne fait ni chaud ni froid. 
Depuis le rétablissement en automne dernier par l'État de la taxe sur l'essence, les prix à la pompe n'ont cessé d'augmenter, se stabilisant dernièrement autour de 30 000 livres. Autrefois flottante, cette taxe avait été en effet fixée à 9 500 livres (hors TVA) en octobre dernier dans le but de profiter du contexte mondial, après la chute sans précédent des cours du brut, et d'augmenter ainsi les recettes du Trésor entre 600 et 800 millions de dollars par an. Le prix du pétrole est toutefois reparti à la hausse, passant d'un minimum d'environ 35 dollars à plus de 70 dollars en quelques mois, emportant avec lui le prix de l'essence. Celui-ci a ainsi augmenté de près de 7 000 livres depuis janvier, enregistrant une croissance d'environ 30 %.

Témoignages
Loin des analyses rébarbatives, L'Orient-Le Jour est allé à la rencontre de consommateurs, toutes catégories professionnelles et sociales confondues, afin de relater leurs avis sur l'impact de cette mesure sur leur niveau de vie.
Pour certains, cette hausse vertigineuse est injustifiée au vu de la chute importante des cours mondiaux de pétrole, malgré la récente reprise. Une deuxième catégorie, composée essentiellement d'étudiants ainsi que de consommateurs aisés, se sent en revanche peu ou pas concernée par cette évolution. Enfin, plusieurs consommateurs considèrent que les prix au Liban demeurent malgré tout moins élevés que ceux appliqués à l'étranger.
Dans un café en pleine place Sassine, Lucien, 67 ans, actuellement retraité, explique en effet que le « Liban est un des rares pays non exportateur de pétrole qui possède des prix d'essence aussi modérés ». Un avis qui semble faire l'unanimité au sein d'un groupe de touristes français, pour qui « le Liban a des prix d'essence relativement bas par rapport à la France ou à d'autres pays européens ».
« Plusieurs étudiants ne se posent même pas la question », avoue pour sa part Émile, 20 ans, étudiant en économie. Il explique que la majorité des étudiants dépendent aujourd'hui de leurs parents au niveau des dépenses de transport (privé ou commun). Certains d'entre eux utilisent en effet des cartes de crédit conçues spécialement pour le paiement aux stations, appartenant le plus souvent à leurs tuteurs. Selon Khaled Naboui, employé dans une station d'essence, 20 % de sa clientèle utilise ce type de cartes liées à des comptes bancaires débités à la fin de chaque mois. « Ces consommateurs sont toutefois composés non seulement d'étudiants, mais d'autres catégories aussi, dont les femmes au foyer », explique-t-il.
Si ces catégories se sentent peu ou pas concernées par l'évolution des prix à la pompe, d'autres, à l'instar des chauffeurs de transport public, sont en revanche beaucoup plus vulnérables à ces évolutions. Ils déplorent notamment la décision gouvernementale prise en automne dernier, soulignant l'impact négatif du rétablissement de la taxe sur leurs marges de profit. Youssef Hamad, chauffeur de taxi collectif dans la région de Hamra, affirme ainsi payer en moyenne 50 000 livres par jour pour l'essence, alors que son chiffre d'affaires s'élève à près de 40 000 livres.
Les chauffeurs-livreurs travaillant pour des établissements de restauration rapide pâtissent eux également de la hausse des prix des combustibles.
Avec des stations qui affichent 30 300 livres pour le bidon d'essence 98 octanes et 29 600 livres pour les 20 litres d'essence 95 octanes, plusieurs citoyens sont aujourd'hui préoccupés par l'avenir des prix de ce dérivé pétrolier indispensable à leurs déplacements. Ils s'inquiètent notamment d'une hausse supplémentaire qui pourrait être alimentée par une nouvelle envolée des cours de pétrole.
La question qui se pose est donc de savoir si le prochain gouvernement sera prêt à renoncer à une mesure fiscale aussi efficace si le prix du baril repart à la hausse...
Depuis le rétablissement en automne dernier par l'État de la taxe sur l'essence, les prix à la pompe n'ont cessé d'augmenter, se stabilisant dernièrement autour de 30 000 livres. Autrefois flottante, cette taxe avait été en effet fixée à 9 500 livres (hors TVA) en octobre dernier dans le but de profiter du contexte mondial, après la chute sans précédent des cours du brut, et d'augmenter ainsi les recettes du Trésor entre 600 et 800 millions de dollars par an. Le prix du pétrole est toutefois reparti à la hausse, passant d'un minimum d'environ 35 dollars à plus de 70 dollars en quelques mois, emportant avec lui le prix de l'essence. Celui-ci a ainsi augmenté de près de 7 000 livres depuis janvier,...
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