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Économie - Liban - Secteur

Grippe A : le marché du porc partiellement affecté

Selon le président de l'Association des agriculteurs, les ventes des éleveurs de porcs ont baissé de 75 % durant le premier mois ayant suivi la découverte de l'épidémie.
Éleveurs, commerçants ou distributeurs de produits de viande porcine en témoignent : la consommation des produits de porc est au ralenti au Liban, près de trois mois après l'identification de la grippe porcine, connue sous le nom de grippe AH1N1, au Mexique. La peur d'une éventuelle contamination est sans doute la raison principale derrière ce ralentissement bien que la maladie, comme le souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne se transmette pas de l'animal à l'homme et que seulement 82 cas humains de grippe A ont été jusque-là enregistrés dans le pays, selon le ministère de la Santé.
Les professionnels du secteur estiment toutefois que le plus dur est derrière eux. Ainsi, Joseph Roumi, propriétaire d'une ferme porcine de 700 têtes dans la Békaa, avait réalisé à peine 10 % de ses ventes habituelles durant le mois et demi qui a suivi la découverte de l'épidémie. Depuis le mois de juin, son activité a toutefois repris de plus bel ; aujourd'hui ses ventes ne sont plus que de 10 à 20 % inférieures à celles réalisées à la même période de l'an dernier. Cette tendance est confirmée par Antoine Hoayeck, président de l'Association des agriculteurs libanais. Selon lui, « les ventes des éleveurs au niveau national sont actuellement de 25 % inférieures à celles de l'année passée ». « On est bien loin de la dégringolade de 75 % dans le mois qui a suivi la déclaration de la maladie », affirme-t-il.
Cette baisse des ventes est directement liée à la chute de la consommation locale, la majeure partie de la production étant destinée au marché libanais. Les exportations de viande fraîche ou congelée sont en effet très limitées, leur montant total ayant à peine frôlé 18 000 dollars au cours des cinq premiers mois de l'année, selon les douanes libanaises. Le recul de la consommation interne a en tout cas été constaté par de nombreux commerçants. Selon le directeur général de Farhoud, « l'achat par nos clients de viande ou de charcuterie de porc a diminué de moitié depuis avril ». « Mais comme il en a été lors des précédentes épidémies, les clients se reportent sur d'autres produits », souligne-t-il.
Sur un autre plan, si les ventes ont chuté, « les producteurs ont en revanche cherché à maintenir le même prix », souligne Antoine Hoayeck. Ainsi, dans le magasin de Joseph Roumi, le prix de la viande se maintient autour de 8 à 10 dollars le kilo. « Baisser son prix, c'était comme affirmer qu'il y avait un problème avec la viande de porc produite au Liban », explique l'éleveur, « alors que ce n'est pas le cas. Des tests sont pratiqués de manière hebdomadaire par le ministère de l'Agriculture dans les fermes, et pour l'heure, le virus n'a pas été détecté sur la production porcine nationale ».
Si l'heure n'est pas au catastrophisme, les éleveurs, qui ont été les plus directement touchés par la crise, s'inquiètent toutefois d'une recrudescence de la maladie dans les prochains mois, et du frein à la consommation qui s'ensuivrait. Une telle situation pourrait alors mettre en péril leurs ventes en hiver - la saison haute pour le porc - et, par là, leur activité. À leurs côtés, commerçants et distributeurs plaident pour une plus grande sensibilisation sur le plan national à la non-nocivité de la consommation des produits de porc, relayant le message de l'OMS.
Éleveurs, commerçants ou distributeurs de produits de viande porcine en témoignent : la consommation des produits de porc est au ralenti au Liban, près de trois mois après l'identification de la grippe porcine, connue sous le nom de grippe AH1N1, au Mexique. La peur d'une éventuelle contamination est sans doute la raison principale derrière ce ralentissement bien que la maladie, comme le souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne se transmette pas de l'animal à l'homme et que seulement 82 cas humains de grippe A ont été jusque-là enregistrés dans le pays, selon le ministère de la Santé.Les professionnels du secteur estiment toutefois que le plus dur est derrière eux. Ainsi, Joseph Roumi, propriétaire d'une...
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