L'appel du mufti a été relayé, en substance, dans les milieux de la majorité proches du Courant du futur hier, accompagné d'un double message : l'un destiné au 8 Mars - invité à accepter la main tendue de Saad Hariri sans lui semer des embûches - et l'autre, plus implicite, aux autres composantes du 14 Mars, qui devraient, selon les députés du Cdf, avoir foi en la capacité du Premier ministre désigné à préserver les acquis de ces dernières années.
Dans ce sens, le député Nohad Machnouk (Beyrouth II) a estimé que Saad Hariri ne se rendrait pas en Syrie avant la formation du cabinet, mais qu'après, il était de sa responsabilité, en tant que Premier ministre, d'œuvrer pour la normalisation des relations entre le Liban et la Syrie. Un point de vue partagé par les députés Samir el-Jisr (Tripoli) et Hady Hobeiche (Akkar), pour qui Hariri représentera à Damas, après la formation du cabinet, une garantie pour le Liban souverainiste. Dans un cadre plus large, le ministre sortant de la Culture, le député Tammam Salam, a lui aussi exprimé sa confiance en Saad Hariri dans ses efforts pour la formation d'un cabinet consensuel, estimant cependant que certains cherchent à lui mettre des bâtons dans les roues. Quant au député Nagib Mikati, il a souhaité avec beaucoup d'insistance qu'en dépit des difficultés, Saad Hariri puisse venir à bout de sa mission dans les plus brefs délais.
Concernant la nature de ces embûches, le député Ahmad Fatfat a mis l'accent hier sur son rejet de toute possibilité de paralysie ou de blocage de la part de l'opposition au sein du cabinet, une question qui fait l'unanimité dans les rangs de la majorité. Mais le tiers de blocage n'a été soulevé hier par aucune partie de l'opposition : les députés Mohammad Raad (Hezbollah), Nagi Gharios (CPL), Kassem Hachem (Baas) ou Michel Moussa (Amal) ont tous plaidé en faveur d'un cabinet qui garantirait une bonne représentation de l'opposition et refléterait un partenariat véritable.
Il reste que nul ne s'aventure vraiment encore dans le vif du sujet, en attendant ce que produira sans doute la rencontre au sommet de lundi entre les responsables saoudiens et syriens.

