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Moyen Orient et Monde - Crise

Le torchon brûle entre l’Iran et l’Occident

Le Conseil des gardiens reconnaît qu'il y a eu, lors du scrutin, plus de votes que d'électeurs potentiels dans cinquante districts, mais estime que cela n'a pas eu d'« influence importante » sur le résultat final.
Les gardiens de la révolution, corps d'élite de la République islamique, ont averti hier qu'ils écraseraient toute nouvelle manifestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad. « Les gardiens de la révolution, les bassidjis (milice islamique dépendant des gardiens, NDLR) et les autres forces de l'ordre et de sécurité sont prêts à mener une action décisive et révolutionnaire pour (...) mettre un terme au complot et aux émeutes », selon un communiqué cité par l'agence Mehr. C'est la première fois que les pasdarans lancent un tel avertissement depuis le début des troubles qui ont suivi la réélection contestée d'Ahmadinejad le 12 juin.
Cet avertissement n'a toutefois pas empêché un millier de manifestants de se rassembler dans l'après-midi sur la place Haft-é Tir quadrillée par quelque 500 policiers antiémeutes et bassidjis. Ce rassemblement visait à commémorer la mémoire d'une manifestante, Neda, tuée samedi d'une balle dans la poitrine selon une vidéo circulant largement sur la toile.
La police a tenté initialement d'empêcher le rassemblement en invitant d'abord poliment les gens à ne pas rester sur place. Puis la police les a poussés avant d'en frapper certains. Un groupe d'environ 200 manifestants, selon l'AFP, s'est finalement constitué sur un coin de la place. Le groupe s'est mis à hurler « Dieu est grand », cri de ralliement des manifestants de l'opposition, avant de se disloquer après au moins sept tirs de grenades lacrymogènes, a dit un autre témoin. Des groupes de bassidjis, armés de bâtons, matraques et câbles d'acier ont poursuivi des manifestants et en ont arrêté entre 50 et 60, selon un témoin. Les voitures qui passaient sur la place et klaxonnaient ont également été « marquées » à coup de peinture pour que la police puisse les arrêter plus tard. Des automobilistes qui n'osent pas manifester klaxonnent souvent en guise de contestation.
L'opposition en exil (Conseil national de la résistance iranienne), dans un communiqué reçu hier à Paris, écrit, par ailleurs, que 4 000 étudiants et jeunes ont manifesté dimanche à Chiraz, dans le sud du pays, où des affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers. Elle fait aussi état de heurts dimanche matin à Meched, dans le nord-est de l'Iran. Ces informations n'ont pas pu être corroborées de source indépendante.
Dimanche, le principal rival du président ultraconservateur, Mir Hossein Moussavi, avait enjoint ses partisans à poursuivre le mouvement, estimant que « protester contre le mensonge et la fraude » était leur « droit ». L'ancien Premier ministre, qui réclame l'annulation du scrutin, a néanmoins engagé les manifestants à éviter toute provocation et la police et l'armée à ne pas agir « de manière irréparable ». Téhéran avait connu samedi un déchaînement de violence dans lequel au moins dix personnes ont été tuées et plus de 100 blessées, selon la télévision d'État, portant à au moins 17 le nombre de morts à Téhéran en une semaine. Des participants aux manifestations ont, par ailleurs, évoqué une réaction disproportionnée des forces de sécurité avec l'usage de tirs à balles réelles tandis que la radio d'État a annoncé 457 arrestations.
En soirée, le réformateur Mehdi Karoubi, l'un des candidats malheureux à la présidentielle, a appelé à une cérémonie de deuil jeudi à la mémoire des manifestants tués. Il a également réitéré sa demande d'annulation du scrutin.
Parallèlement, Abbas Ali Kadkhodaie, porte-parole du Conseil des gardiens de la Constitution, qui doit se prononcer d'ici à mercredi sur les plaintes pour irrégularités déposées par les adversaires de M. Ahmadinejad, a reconnu qu'il y avait eu plus de votes que d'électeurs potentiels dans cinquante districts, sur les 366 du pays. M. Kadkhodaie a estimé que le cas des 50 districts « peut s'expliquer par le fait que certaines villes accueillent des migrants, sont touristiques, etc ». Théoriquement, chaque électeur peut voter où il veut. Il a en outre indiqué que compte tenu du nombre de votes concernés, 3 millions sur plus de 38, « cela n'aura pas une influence importante sur les résultats de l'élection ». Il a par ailleurs rejeté les autres points évoqués par les candidats, notamment l'absence de bulletins de vote dans certains bureaux ou encore l'absence de représentants des candidats.

Tensions au sein du régime
Enfin, les tensions politiques au sein du régime ont reçu une nouvelle illustration avec la confirmation de l'arrestation de cinq proches d'Akbar Hachémi Rafsandjani, dont sa fille. L'ex-président iranien a été accusé par M. Ahmadinejad de soutenir M. Moussavi. Arrêtés samedi, ils ont été libérés quelques heures plus tard, selon l'agence Fars. Et le président du Parlement, Ali Larijani, a déclaré qu'une « grande partie des gens » avaient « perçu le résultat de l'élection comme étant différent du résultat annoncé officiellement. Cette perception doit être respectée ». Ali Shahrokhi, président de la commission de la Justice au Majlis, a néanmoins déclaré, selon l'agence semi-officielle Fars, que « la voie est toute tracée pour traîner (M. Moussavi) en justice ».

Les gardiens de la révolution, corps d'élite de la République islamique, ont averti hier qu'ils écraseraient toute nouvelle manifestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad. « Les gardiens de la révolution, les bassidjis (milice islamique dépendant des gardiens, NDLR) et les autres forces de l'ordre et de sécurité sont prêts à mener une action décisive et révolutionnaire pour (...) mettre un terme au complot et aux émeutes », selon un communiqué cité par l'agence Mehr. C'est la première fois que les pasdarans lancent un tel avertissement depuis le début des troubles qui ont suivi la réélection contestée d'Ahmadinejad le 12 juin. Cet...
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